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TEMOIGNAGE DE PASCAL, GUITARISTE DE ROCK

Posted by Nono | Posted in prevention | Posted on 20-11-2008

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Je souffre des acouphènes, j’ai 35 ans, je suis un homme. J’en ai un à l’oreille droite depuis 1995.
Je vais vous raconter mon histoire juste dans l’espoir qu’une personne qui ne souffre pas de ce mal puisse prendre les précautions nécessaires et ne pas gâcher sa vie, dans l’espoir qu’un type important de la sécu le lise et se disent tiens on pourrait p’tet prendre en charge cette maladie, ou que quelqu’un d’influent puisse faire bouger les choses (et pour me soulager un peu aussi). Oui on peut le dire, les acouphènes pourrissent la vie. Ils sont là en permanence et ne vous laissent aucun moment de repos. C’est un mal qui profite de vos moindres faiblesses. Comme je le disais, mon acouphène est apparu en février 1995. A l’époque je jouais de la guitare dans un groupe de rock. Après chaque répétition j’avais les oreilles qui sifflaient, mais le lendemain tout avait disparu. Je ne connaissais pas les effets dévastateurs du bruit sur l’oreille. Je pensais simplement qu’avec le temps on devenait sourd. Un soir de février nous avons essayé un nouveau batteur. Il était bon mais il tapait fort. Après la répétition avec ce nouveau batteur mes oreilles sifflaient (les 2). Jusque là, rien d’alarmant.
Au réveil, le lendemain, mon oreille droite siffle toujours,  » bah ça va passer, c’est vrai que hier nous avons joué fort  » me disais-je. Sur ce, je passais ma journée normalement sans trop y prêter attention, demain ça ira mieux. Le lendemain ça n’allait pas mieux, mon oreille droite sifflait toujours, une légère inquiétude m’envahissait, alors j’ai pris un rendez-vous chez mon médecin généraliste. C’est pas grand chose, ça va passer me dit-il.  » Ouf ! ça devenait vraiment agaçant « . Je prends donc son traitement pendant la durée indiquée. Aucune amélioration au bout de 10 jours. Je retourne le voir, il me donne un rendez-vous chez un ORL. Quelques jours plus tard ce dernier me reçoit. Il me fait plein de tests. Tout a l’air ok, il me demande quand est-ce que c’est apparu et dans quelles circonstances. Je le lui dis. Il me dit qu’on ne peut plus rien faire. Le verdict vient de tomber froidement, ça ne se guérit pas. Je vais donc devoir apprendre à vivre avec. J’avais le moral dans les chaussettes, j’étais désespéré et surtout je devais faire face à l’incompréhension de mon entourage. Ils découvraient avec moi l’existence de ce mal. Je n’arrivait pas à accepter cet état, à force d’en parler, on m’a donné une infos,  » il existe une clinique spécialisée à côté de Béziers prends rendez-vous avec eux, ils font des miracles, avec eux tu verras bien, si ils ne peuvent rien c’est que personne n’y pourra plus rien « . Chose dite, chose faite, j’ai pris un rendez-vous dans cette clinique. Il fallu attendre 8 mois pour voir un de ces fameux spécialistes de Béziers. Bien sûr, j’étais en dépression, je ne dormais plus, cela à même affecté mes études. Toutes les nuits j’étais pris de tremblements et de sueurs froides, je n’arrivais plus à trouver le sommeil.
Le grand jour arrive, avec angoisse je vais sur Béziers, Je passe entre les mains d’une assistante qui me fait entrer dans des pièces différentes pour des tests aussi différents que variés, résultat, tout est ok (pour eux). Le grand spécialiste me reçoit dans son bureau, il regarde les résultats des tests et me dit,  » vous êtes musicien ? « . Je réponds que oui. Il enchaîne ben vous voyez un disque de musique en vinyle (je voyais pas le rapport) ?  » Oui docteur ! « ,  » Ben quand il est rayé, c’es comme ça, on ne peut pas le réparer, votre oreille c’est pareil. Vous devez apprendre à vivre avec. Ca fera 800 francs.  » Je m’acquitte donc de cette somme honteusement élevée, et je rentre chez moi, seul avec mon désespoir, et cette réponse qui m’a fait l’effet d’une lame de guillotine glacée qui s’abats sur mon coup.
Depuis, j’ai enchaîné les périodes de dépressions, de stress, d’angoisse, d’insomnie, avec tous les médicaments qui vont avec, je n’ai plus jamais eu le sommeil réparateur que j’avais avant. Et oui l’acouphène entraîne d’autre maladie (dépression, insomnie etc.). Il y a 1 mois environ, j’ai commencé à avoir des douleurs aux oreilles. Comme d’autres, ayant une maladie INCURABLE de l’oreille, dès que ça touche les oreilles on devient parano et on met pas 30 ans a aller consulter. C’est ce que j’ai fait. Non, je ne vois rien Monsieur, prenez un peu de Doliprane, ça va passer. Aujourd’hui j’ai toujours mal sauf que j’ai revu mon généraliste 2 fois et un ORL 1 fois. Ils ne n’observent rien d’anormal. Sauf que mon acouphène a amplifié depuis une dizaine de jours et que je l’entends maintenant jour et nuit. Je re-rentre dans cette phase de dépression et tout le tintouin.
J’ai actuellement un traitement lourd pour tenter d’améliorer les choses. Je n’y crois pas vraiment en ce traitement, c’est le même que celui que j’avais eu 13 ans plus tôt. Entre autre le fameux Vastarel 35, qui ne fait rien (sur moi en tout cas). J’espère vraiment trouver une amélioration car là ce n’est plus vivable…
Si je pouvais remonter le temps et éviter le soir de ce fameux traumatisme sonore je le ferais, ma vie a complètement été bouleversée depuis ce jour et elle ne sera plus jamais comme avant. Quand on est acouphènique, le silence n’existe plus, le repos non plus. Malgré cela je m’estime heureux car je ne suis pas devenu hyperacousique.

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Comments (4)

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Ruth

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Interressant, triste mais interressant.
Courage à toi Pascal et, qui sait, peut-être un jour, avec les progrès de la médecine…
Ciao,
Pierre "Cactus".

Je te comprends totalement Pascal et sâche qu'on est nombreux à partager ta souffrance, beaucoup trop nombreux malheureusement.
A ce niveau, ce n'est plus un généraliste ni un ORL que l'on voit.
On va tout simplement voir un psychiatre. Mon psychiatre est le seul spécialiste à s'être vraiment penché sur mon acouphène et mon hyperacousie.
Dans tous les cas, je conseil au moins à toutes les victimes d'adhérer à l'assoc. France Acouphène et à l'APTA pour pouvoir faire pression sur les pouvoirs publics.

Pascal, après avoir lu vos péripéties ,je compatis totalement à vos angoisses, à vos craintes et les partage avec vous . C’est vraiment dur de se trouver face (médicalement parlant) à tant de manque d’écoute, d’in compréhension ,d’insensibilation de la part de certains représentant de la médecine à l’égard de la souffrance d’autrui. Quelle « détresse » cette maladie . Comme vous le dites, nous devrions tous, en tous cas ceux et celles qui vivent cela au quotidien et même tous nos contemporains, nous devrions faire partie de cette association dont vous parlez ( je l’ai fait ) à votre conseil pour que bougent les choses .
D’ailleurs, tant que nous ne sommes pas concernés par ces maladies, nous restons malheureusement ,indifférents dans cette situation.
Pascal, vous êtes encore jeune ,j’espère que vous obtiendrez une guérison, et je vous renouvelle, tout mon soutien dans cette difficulté .
Bon courage !!

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