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Temoignage de fréderic

Je m’appelle Fréderic et j’ai 33 ans. J’ai longtemps fréquenté les boites de nuit technos en Espagne (j’habite à Biarritz, près de la frontière espagnole) où les niveaux sonores sont plus hauts qu’en France. L’alcool aidant, on supporte la force des décibels...

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Acouphenes

Posted by Nono | Posted in prevention | Posted on 14-12-2008

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ACOUPHÈNES

 » Le bruit assassine les pensées « 

(Nietzche)

Serais-je donc atteint d’un mal irréparable ?

Tous les docteurs m’ont dit  » vivez avec cela  » …

C’est stupéfiant et fort insupportable,

J’ai déjà consulté mille et cent mille fois.

D’affreux bourdonnements baptisés acouphènes

Font vibrer mon rocher jour et nuit, nuit et jour.

J’en suis empoisonné jusqu’à en perdre haleine.

Sonnailles, grincements, sifflements et tambours,

Craquements, frottements, gazouillis, cataractes,

Tous les bruits incongrus venus au rendez-vous,

Criquets, crapauds, démons et monstres des Carpathes

Rôdent dans mes tunnels, mettant mes nerfs à bout …

Chaque nuit propulsé sur une voie de garage,

Je subis les sifflets des locos et des tours.

J’aimerais m’embarquer pour un très long voyage

Au Pays du Silence, et cela sans retour.

Ah ! Ne rien percevoir – que le chant de la brume

Caressant doucement des jardins endormis,

Un faible frôlement, la chute d’une plume,

Un fantôme passant vous dire bonne nuit …

Mais non ! jamais je ne quitte l’orgie

De ces chocs auditifs stridents ou caverneux

Et je ne puis vomir cette soupe d’orties

Qui baigne mes canaux, fait hurler mes essieux !

D’où vient ce tintamarre infernal et nuisible,

D’ou provient sans tarir cet océan de bruits ?

Ne pourrais-je jamais dévisser le fusible

Perturbant mes journées, incendiant mes nuits ?

Je cherche en vain la cause d’une cacophonie

Dont les accents divers me rendent cafardeux,

M’amenant jusqu’au bord de la neurasthénie,

Je suis bien obligé d’en faire ici l’aveu !

Je n’ai jamais, jamais mis l’oreille à l’orée

D’un quelconque fusil, pistolet ou canon …

La cause en serait simple, on la connaît d’emblée :

Surplus de décibels déclenche les frelons !

Faudrait-il accuser les vertèbres lombaires ?

Je me trompe d’étage, étant peu compétent.

L’endroit le plus correct serait bien les primaires

Dont les écrasements troubleraient mon tympan.

Mais vous n’y êtes pas, dit le Maître Acoustique.

Cherchez à l’intérieur de votre organe atteint,

Du labyrinthe osseux explorez les boutiques,

Visez le limaçon et les nerfs cochléens.

De Claudius inspectez les cellules ciliées,

De Fallope auscultez l’aqueduc conducteur

Et tous les fins « objets » qui font la renommée

D’une oreille dispensant ses bruits perturbateurs.

L’ennemi serait-il le nerf vestibulaire,

Auteur de ces vertiges, cause de ces fracas ?

Les cils auditifs, le nerf utriculaire,

L’organe de Corti ou les nerfs de Kasma ?

Ou le tronçon spiral, les ronds de Loewenberg,

Eléments très précieux pour une audible écoute ?

Mais tout cela n’est que la pointe de l’iceberg,

Les vaisseaux et la lymphe occultant notre route …

Mais avant, faudrait-il explorer les cavernes,

Tous les tunnels et vestibules membraneux

Et puis les orifices externes et internes

Aboutissant souvent aux lieux cérébelleux ?

La caisse du tympan – lentille biconcave –

Etalant sa membrane de Schrapnell, beau tambour ?

Les osselets, trio affublé de noms braves :

L’enclume, le marteau, l’étrier, beaux atours ?

Faudrait-il surveiller la zone lymphatique,

Les très fines dentrites des nerfs dits auditifs

Etant – non ? – les auteurs de ces bruits maléfiques

Nous torturant sans fin en nous rendant chétif ?

Comme nous l’avons remarqué par ailleurs,

Nos bruits intérieurs sont des plus variables :

Tintements, froissements, chuintements et vapeur,

Toute la musique d’un orchestre du diable !

La tension du liquide interlabyrinthique

Et ses variations pourraient être en rapport,

Mais aussi l’ischémie ou l’hyperhémitique

De l’artère auditive – bien d’autres choses encore.

Les éclats du tonnerre ébranlant nos tympans

Transmis aux osselets, ils compriment la lymphe.

Citons donc en passant, sans être trop pédant,

Ses deux appellations : perilymphe, endolymphe.

Ajoutons à ces maux la catarrhe dit tubaire,

Le mielleux cérumen, tous les corps étrangers

L’otosclérose ici ne fait pas notre affaire,

Ces deux mots n’étant que des généralités.

Bah ! n’allongeons pas trop car l’effroi nous talonne

(philosophe nous sommes –  » résonateur  » aussi !)

Car il faudrait encore ausculter la colonne,

Analyser la moelle et tâter le rachis.

Et puis monter, grimper jusqu’au dernier pétale,

Appréhender le bulbe et l’hypothalamus,

L’hypophyse, le cervelet : tout l’encéphale.

Nous voudrions alors en savoir toujours plus …

Le vertige nous prend : notre déséquilibre

Serait-il donc lié aux troubles auditifs ?

Et nos douleurs dorsales, les piques de nos fibres

Seraient-elles signaux pour le définir ?

La cause ici s’inverse et tous les vieux présages

Restent comme en suspens sur nos intuitions.

L’imagination pourrait faire des ravages

Et nous mener tous droit aux flots de l’Achéron !

D’insolites lésions, parfois localisées

Au subtil limaçon, peuvent nous chahuter …

D’autres troubles nerveux faussent bien des données,

Piégeant tous les chercheurs aimant la vérité.

Alors, déséquilibres, vertiges et malaises,

Carrousels provoquant des étourdissements,

Cloches, tocsins, Sonnez ! Hurlez ! Quelle foutaise :

Vous serez morts à notre ensevelissement …

André Kuenzi

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