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Compression sonore : dégâts auditifs garantis

Un bon article vulgarisateur sur la compression sonore. J’éprouve des sueurs froides à l’idée d’être soumis à une musique amplifiée dans un supermarché, ou dans n’importe quel lieu public où le silence est devenu intolérable parce qu’il ne fait pas vendre. L’acte...

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Temoignage de Math

Posted by Nono | Posted in prevention, santé | Posted on 19-12-2008

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Septembre 2002, samedi soir, 15 coups de cymbale de batterie frappés à pleine force à quelques centimètres de mes oreilles, mon traumatisme sonore…
J’ai continué à aller au lycée, j’étais en terminal S, je devais redoubler, mais ça c’est une autre histoire…
J’ai contracté deux otites, lors de ma deuxième otite qui passait pas, je me rends chez un orl, et je lui dis « y’a une otite là hein ? parce que j’ai très mal ! » – « nan y’en a pas ! » – « a ben merde alors ! ». Fin janvier 2003, j’arrêtais totalement le lycée, prendre de nombreux, longs congés , et m’asseoir en classe pour rendre des copies blanches, ce temps était révolu, la guerre avait commencé.
Je me suis retrouvé couché dans mon lit, séquestré dans ma chambre par mes oreilles, avec ma chérie, ma plante.
La lecture était mon quotidien, du matin jusqu’à la tombée de la nuit. Après ça, je sortais courir, j’allais chercher ma dose d’endorphine afin de m’endormir.
Un chien, au rez de chaussé de la maison, une maison de type ouvrier, de la raffinerie des années vingt , une famille de quatre, une porte d’entrée qui se frappe violemment, des oreilles irritées à cause de bouchons en mousse.
Fin juin, après de trop longues heures de lecture, une réclusion sans soleil, mes nombreux efforts la nuit, la bouffe des gens normaux : Williams Saurin, pain de mie et autres, une fragilité des yeux d’avant mon traumatisme sonore, de la gêne face au soleil, mes yeux, sont tombés malades eux aussi. J’ai contracté de l’astigmatisme sévère avec une photophobie organique.
Je me suis donc retrouvé avec mes oreilles et mes yeux malades. Depuis mon hyperacousie, je m’étais procuré un casque et des bouchons filtrés, mais j’étais parfois dans l’obligation de mettre les mousses, car filtré mais trop, même avec le casque.
Je me suis donc enfermé totalement dans le noir, fin janvier 2004, j’étais devenu rachitique, une dyspepsie, un épuisement totale, un système nerveux HS.
Il s’en est fallu de peu pour que je me mette à manger que du sucre, et à sauter sur mon père, une nuit, quand il dormait sur le canapé du salon.
Direction l’hôpital, « on veut pas de toi, c’est l’hôpital psychiatrique ».J’ai accepté, je ne pouvais plus continuer ainsi dans cette famille.
je n’avais malheureusement pas vu assez de film qui parlaient de l’hôpital psychiatrique. Je me suis retrouvé là bas, au bout de deux heures, quand j’ai vu les sorcières, je savais qu’elles allaient me tuer. C’était pas comme dans le film avec Dustin Hoffman et Tom Cruise. oucch !…
Une dose de Tercian : assommé. Je me réveille dans une voiture quelques secondes, je suis assis coté passager; à l’avant, je vois un chef infirmier qui me transfert, direction la torture…
Une session de trois semaines, étant donné mon état de santé, ça a suffi pour quand je sorte. J’ai eu la chance de pouvoir sortir parce mon psychiatre était parti en vacances. Assez pour que je veuille m’endormir, du Zoloft, marcher jusqu’au médecin. Une fois, un seul comprimé avalé : ma tête a explosé, mon cerveau a pété. La goutte qui fait déborder le vase. je me suis retrouvé chez mes parents, couché dans mon lit, à plus pouvoir me lever pour aller pisser, en enfer. Trois semaines plus tard, direction, une clinique, dans cette clinique, couché, le cerveau malade.
Deux semaines plus tard, sans issue, les fruits, le soleil, l’amour, la famille de faible.
Y’a pas, je me lève une nuit, nourri par perfusion, toujours que du sucre icon wink Temoignage de Math avec ma ceinture de robe de chambre, à me pendre quand même, vu que l’électrocution avec les fourchettes ça marche pas, les fusibles ont sauté.
Le lendemain je m’évade j’ai plus que ça, une première fois rattrapé, une deuxième fois reparti, quelque secondes après, oh ben tiens ! C’est le club Med ici, ils jouent même de la guitare dans le hall. Ah ! je vois de la lumière, la sortie.
Je me barre, j’escalade le portail, je déchire tout mon pantalon, quatre kilomètres à travers champ, j’arrive à un super U, j’avais quelques euros dans ma poche, je vais acheter un couteau. Sortie. Je me place derrière un buisson, harakiri, allez hop !
Pas le courage et la force. Je décide donc d’aller sonner au hasard, je n’ai personne sur qui compter.
Une vieille peau de 50 ans, prof de yoga m’ouvre, une demi heure plus tard, deux blouses blanches débarquent. Hop ! direction l’hôpital psychiatrique, civière, tu vois le soleil, et après tu vois le plafond, tu dis « ben merde j’aurai du sauter d’un
immeuble », handicapé mon cul, j’aurai pris quelque chose de haut. Plutôt que de finir totalement débile en psychiatrie, le cerveau lésé, en enfer…
Les fourchettes, un mois et demi plus tard, qui a semblé durer bien plus longtemps que ça.
Faut prendre la peine de compter les secondes ou faire un bracelet brésilien, en ergonomie, pendant une heure, une fois par semaine, un bracelet qui devient une montagne à franchir…
Avec un des neuroleptique qui m’était administré, je faisais des crises, mon cou se bloquait, la tête projetée au sol.
allez hop ! un correcteur injecté, pour remettre le neurone à sa place.
Un mois plus tard, après avoir repris un peu de muscle de jambes, j’ai pu me barrer, petit jardin, tous seul, escalader le mur.
chaussons métro, stop jusqu’à la ville. Un demi heure plus tard on venait me rechercher chez mes parents.
Deux semaines après, une tronçonneuse, quatre mètres, hop une rechute ! J’ai eu la chance, la grande chance, de me faire sortir par un psychiatre. Le soir même : mon bon de sortie de l’hôpital.
De retour, je viens de faire une rechute, avec la tronçonneuse. Je porte casque et bouchons à nouveau.
je fais semblant de prendre mes médicaments à table, comme un chien battu j’ai très peur. J’ai au moins le bonheur de pouvoir faire semblant, et je mange des légumes, du riz, un œuf et des légumes le matin, un peu de viande.
L’été terminé, début septembre, je dois repartir en guerre, j’ai toujours mes yeux et mes oreilles à guérir.
je me lance dans une cure de jus de raisin, pendant deux semaines. A la fin de cette cure, j’avais le ventre qu’avait explosé. Les reins, manque de sel.
Je suis resté dans le garage de mes parents jusqu’au mois de juillet, que j’avais aménagé en pièce avec mon père, avant et au début de mon hyperacousie.
Ce temps passé, mon hyperacousie sévère était guérie, et aussi presque totalement mon astigmatisme sévère.
Porter mon casque et mes bouchons pour faire du skate. c’est la que j’ai repris le skate, et le soleil, et la vie, avec les jeunes ouccch.
Sept mois plus tard, hyperacousie totalement guérie, y compris pour le skate violent. je n’ai toujours pas essayé les concerts, et autre conneries bruyantes. Mais au jour d’aujourd’hui, j’écoute de la musique avec un casque audio et pour un ex hyperacousique sévère, c’est pas cool.
j’ai lutté pour mes convictions, pour ma santé, pour le végétarisme, et le fruitarisme.
Aujourd’hui, je suis toujours malade, mais plus les yeux ni les oreilles. Peut être le cœur, mais j’ai aussi le ventre qui a bien pris.
On change pas un warrior dans l’âme.
tchouss
Matcool35, Michaelwhite, Mat Tyson, Red Dragon, Mathieu au grand cœur

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Comments (6)

C'est original…

Putain de vie…
Je serais toujours avec toi mon frère.

raphY

wahou! t’a eu de la chance mec tu es un petit miraculé peu de gens guérisse de l’hyperacousie , je suis en guerre contre elle depuis 1 ans j’y crois…

Ce témoignage est surement celui qui m’a le plus frappé.

Il est original et la fin se termine plutôt « bien ». On peut voir jusqu’où peut poussé cette maladie…

Ce mathieu, je l’admire pour son courage et sa guérison. Et en plus c’est un skateur comme moi ;)

Tchao.

Hamsty.

Formidable !

Super témoignage, j’aurai une question, qu’est-ce qui t’as fait guérir de l’hyperacousie? le fruitarisme ?

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