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Un soir d’hiver à la guinguette Pirate

Posted by Nono | Posted in prevention | Posted on 09-06-2009

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Oui c’était l’hiver, je crois, car je portais une affreuse doudoune noire dont l’unique utilité était de me protéger du froid parisien. Laurence m’appela, elle habitait rue du dessert des bourges, la rue juste en face de la rue de Pâté.
J’aimais bien cette hypocrite bourgeoise (pléonasme) qui avait remarqué l’intérêt que je lui portais. Elle en faisait des tonnes, soufflant le chaud et le froid, comme elles savent si bien faire pour activer le foyer du désir et l’étouffer brutalement dans un rictus de satisfaction… Ce soir là, le téléphone retentit dans la cuisine avec des accents funèbres, un « dring » qui aurait dû me mettre la puce électronique à l’oreille. Elle ne disait jamais « allo », gardait une silence pesant durant cinq secondes, envoyait brutalement « c’est Laurence ! ». Un moyen de désarçonner l’interlocuteur, une ruse de siou adolescente dont je n’étais pas dupe.
- Y’a un concert de rock ce soir à la Guinguette Pirate, ça te dit?
Que n’aurais-je accepté pour revoir ce sourire carnassier et cette blanche nuque patricienne aux grains de beauté géométriquement sensuels comme les points des dominos !…
-Allons-y ! dis-je d’une voix que je voulais assurée.
Direction Quai de Bercy, arrêt guinguette Pirate.
La pont de Tolbiac vibre déjà, pilonné par la batterie tellurique, un dernier coup de semonce avant la pause, et nous rentrons dans cette péniche du diable qui décidera de mon destin. L’embarcation est d’un rouge vif comme des lèvres maquillées ondulant à la surface du fleuve obscure.
La lumière des spots se reflète sur la Seine tels de petits bûchers dans le nuit. Enfin, l’air électrique pénètre les poumons et refroidit l’échine en même temps qu’il se disperse en mille et un fourmillements à travers le corps. Cette fois, la fourche du son entame son travail de pique auditive. C’est parti… Le premier accord de guitare électrique commence par un larsen, mais rien ne décourage le groupe miteux dont le chanteur se prend pour le frère caché de Migg Jagger. Tous font des mouvements de tête hystériques. Je me rends compte que je suis pris en étau entre deux amplis. Les forgerons sans ouvrage martèlent le fer de nos têtes déjà bien cabossées par l’alcool. Devant nous, se succèdent en effet, sur des tables en bois, des verres de bière en plastique dont le houblon ne fait pas oublier l’infâme arrière-goût de pisse. Laurence se tient à côté de moi, sur un banc interminable où les paires de fesses des bourgeois s’alignent vulgairement comme les têtes du cimetière des innocents… Nous hurlons pour nous comprendre ; la gorge brûlée par tant d’efforts vains, nous finissons par adopter la langue des signes ponctuée de monosyllabes et de borborygmes maltés.
-Hein ? oui, non, aime pas ! J’AIME PAS, JE TE DIS !…

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