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François l’Elysée était-il gentil ? cette question le taraudait sans cesse comme un vieux bateau vermoulu. Dans le doute, il préférait l’affirmer, « je suis gentil » répétait-il à l’encan. Il plaçait lui-même l’auréole au dessus de sa tête aux yeux exorbités par son propre culot.
L’autre hantise de François l’Elysée était d’être considéré comme « un naïf ». Il appartenait à cette génération de trentenaires abreuvés de faux cynisme jusqu’à plus soif, de médiocres ricaneurs hypnotisés par les faux branchés de Canal +. Il valait mieux prendre des poses de rockeurs blasés, afficher son admiration pour le dernier junky pop à la mode, tout en chantant les louanges du plus alternatif de tous : François Bayrou….
Au jeu du questionnaire de Proust, si François l’Elysée avait été un cocktail, il aurait choisi sans hésitation le cocktail Matignon : 1/3 de Malibu, 1/3 de liqueur de banane, 1/3 de sirop de fraise. On imagine le succès d’un tel breuvage sirupeux auprès des bobos minets .
A défaut d’être gentil, François était aussi mielleux et méprisable que le bossu de Féval, un Lagardère à jamais condamné à garder son masque visqueux et à courber l’échine.

