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Haro sur les décibels !

Posted by Nono | Posted in prevention, santé | Posted on 28-03-2011

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Deux français sur trois estiment être gênés par le bruit à leur domicile.
Et trois millions d’entre eux sont exposés à des niveaux de décibels potentiellement nocifs sur leur lieu de travail . Malgré une réglementation de plus en plus contraignante, le bruit reste une cause fréquente de nuisance. Avec des conséquences insoupçonnées sur la santé.

Le bruit, cette autre pollution… La dernière enquête TNS Sofres sur le bruit date de mai 2010 et elle est édifiante. 66% des Français déclarent souffrir à leur domicile. Le bruit est cité en troisième position parmi ce qui trouble leur qualité de vie, après la saleté et la pollution de l’air. Les sources de nuisances sonores identifiées : les transports mais aussi les comportements de voisinage et les activités commerciales ou industrielles.

Nuisance subjective

L’intrusion du bruit des autres dans l’intimité du « chez soi » est souvent mal vécue…. En particulier pour les personnes les plus exposées : habitants des grandes métropoles et occupants d’appartements-spécialement de logements sociaux » constate Valérie Rozec, chargée de mission au Centre d’information et de documentation sur le bruit. La première mission de ce docteur en psychologie de l’environnement consiste à renseigner les plaignants. Un travail délicat, car, explique-t-elle, « le niveau sonore effectif compte pour seulement 30 % de la gêne liée au bruit. La nuisance sonore est éminemment subjective« .
La lutte contre le bruit fait partie des missions des pouvoirs de police du maire. A ce titre, il est fondé à (et même tenu de) réglementer les travaux de construction, l’usage des tondeuse à gazon ou les horaire d’ouverture des activité bruyants. En matière de bruit de voisinage c’est aux personnels ou aux élus communaux que reviennent la mesure du bruit et, préférable au procès, la recherche de solutions amiables.

Des dégâts pas toujours perceptibles

En ce qui concerne les niveaux sonores liés aux musiques amplifiées, la France a été le premier pays au monde, en 1998 à brider les baladeurs à 100 dB. Mais la généralisation de la musique compressée, plus dangereuse, pose de nouveaux problèmes. Les pratiques musicales intensives sont devenues monnaie courante. 27% des lycéens ont leur lecteur MP3 vissé aux oreilles plus de 4 heures par jour, 9 % allant jusqu’à s’endormir avec !
Dans les lieux musicaux, la limite réglementaire fixée à 105 dB n’est pas toujours respectée. Et aucune règle ne s’applique aux concerts de plein air.
« Le problème avec le bruit, souligne Valérie Rozec, c’est qu’il est nocif dès 80 dB sur 8 h/jour alors que la douleur n’est perceptible qu’à 120 dB. Il est donc facile de mettre son audition en danger sans s’en apercevoir…. »
Les dégâts occasionnés par des dose de sons excessives sont aussi extra auditifs : troubles du sommeil, moindre performances intellectuelles, augmentation des états anxieux ou dépressifs, élévation de la tension artérielle.
Une étude scientifique allemande estime même à 3% la part des infarctus du myocarde imputables au bruit du trafic routier.

Les territoriaux aussi

En milieu professionnel, la réglementation sur le bruit s’est renforcée en 2003, avec un plafond fixé à 87 dB »mais le bruit est souvent sous-estimé car considéré comme une composante normale du travail » indique Valérie Rozec.
Résultat : 1200 cas de surdité reconnus par an, chacun d’eux coûtant 1000000 euros à la collectivité ! 7% des salariés sont exposés quotidiennement à un bruit nocif. Parmi eux, des territoriaux : personnels de cantine scolaire, agents affectés
à l’entretien des espaces verts, aux travaux forestiers ou aux ateliers bruyants.

Bruno Frachet (chef de service ORL à l’hôpital Avicenne (AP-HP Bobigny)

« Il faut consulter dès les premiers bourdonnements d’oreilles »

Sommes-nous tous égaux face au bruit ?

Pour des raisons génétiques notre sonomètre est strictement personnel. Ce qui rend difficile la prévention : certains jeunes, par exemple, restent en milieu bruyant même s’ils ressentent une gêne, parce que les autres le supportent.

Quels risques l’excès de bruit fait-il courir à notre santé ?

il en va de l’oreille avec le bruit comme de la peau avec le soleil : même effets cumulatifs, même nécessité de se protéger. En cas de fatigue auditive, les baisses d’audition ou acouphènes sont passagers si l’on met l’oreille au repos.

Mais le traumatisme sonore aigu (un pétard près de l’oreille) ou les expositions intenses cumulées produisent des lésions irréversibles des cellules ciliées de l’oreille. Elles ne se régénèrent pas. Or, nous n’en possédons que 15000, pour 135 millions de cellules visuelles !

Quand s’alerter et que faire en cas de trouble auditif ?

Les bourdonnements d’oreille sont un avertissement. Il est important de consulter rapidement. D’autant plus que l’on commence à pouvoir agir par des médicaments pour stopper la perte progressive de l’audition.

L’échelle du bruit
Exemple du quotidien

20 dB vent léger, respiration
40 dB appartement tranquille
70 dB restaurant bruyant
85 dB route trafic intense
105 dB décollage d’un avion

Milieu du travail

10 dB « chambre sourde » d’essai acoutique
50 dB bureau isolé, laboratoire
75 db bureau « open space, tour d’usinage, aspirateur
80 dB camion bruyant
85 dB scie à ruban, machine à bois, restaurant scolaire
120 dB marteau piqueur
130 dB banc d’essai de réacteur

source : territoire mutuel

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Comments (1)

C’est incroyable que « 27% des lycéens ont leur lecteur MP3 vissé aux oreilles plus de 4 heures par jour ». La musique peut être une sorte de drogue, qui nous éloigne d’un silence que l’on a appris à considérer comme ennuyeux. Sans doute parce qu’il est propice à la réflexion.

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