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Privé : Acouphènes : la parabole des aveugles

Posted by Nono | Posted in prevention | Posted on 30-05-2009

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2009 07 19 142643 Acouphènes : la parabole des aveugles
Je ne me lasse pas de lire les commentaires des guerriers de la gratte électrique qui bombent le torse en encaissant les distorsions… Celui là choisit l’ironie faussement désabusée. En cela, les kamikazes du son ne diffèrent pas les uns des autres. ils jouent à se faire peur comme des marmots. Ils préfèrent en rire bourgeoisement. Les acouphènes, l’hyperacousie, la surdité sont pour eux le trio perdant de la fatalité. Seulement, ce sont les premiers à venir pleurnicher dès que le mal est fait tellement ignorants des troubles auditifs qui les menacent… Je n’ai rien contre le fait que l’on se moque d’un handicap, de toute façon les comiques troupiers de « l’intelligentsia » savent nous guider vers la voie d’une belle morale de l’autodérision comme antidépresseur naturel… « Les handicapés sont les premiers à me demander de me moquer d’eux » déclarait le très délicat clone de Desproges : Stéphane Guillon. Toute la société du spectacle le considère comme un modèle d’impertinence. Gageons que l’on assistera à une levée de boucliers quand l’humaniste Philippe Val le mettra à la porte de France Inter…
Fermons cette digression, le problème n’est pas de se moquer mais de savoir de quoi on se moque… En parcourant d’un regard distrait les trop nombreux blogs où il est question d’acouphènes, je me rends compte que l’on y fait allusion pour tout et pour rien, pour un concert trop fort comme pour quelqu’un qui entend des voix, pour un film qui n’a rien à voir avec son titre comme pour un groupe de rock qui prétend faire preuve d’humour… C’est dans cette minimisation constante d’un mal dont on ignore l’essentiel que réside la réussite des fausses campagnes de prévention. A vouloir absolument rire de tout, dans une société où le rire est la norme bêtifiante, où chacun est sommé de prouver qu’il est un petit cynique merdeux alors qu’il adhère pleinement au cynisme consensuel de son époque, nous chutons sur un autre imbécile d’aveugle, comme dans la parabole…
« Après avoir fait saigner de nombreuses oreilles à Bercy en février dernier (véridique, faites un tour sur les forums des fans d’AC/DC), le concert d’Angus Young et ses compères à Munich du 15 mai aurait provoqué pas moins d’une centaine de plaintes pour nuisance sonore. »…
« Cette info blasera certainement tous les guitaristes d’appartement (moi y compris) obligés de pousser à fond les 5 watts de leur micro-cube pour couvrir le bruit de la télé de la mamie du dessus en train de regarder Derrick (je sais, ça sent le vécu).« 
http://blog.unplugged-cafe.org/amis-des-acouphenes-bonjour

Après la torture sonore sur musulmans, le groupe de sexagénaires sadiques ACDC s’illustre désormais dans la torture acoustique sur engagés occidentaux…

Un soir d’hiver à la guinguette Pirate

Posted by Nono | Posted in prevention | Posted on 09-06-2009

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Oui c’était l’hiver, je crois, car je portais une affreuse doudoune noire dont l’unique utilité était de me protéger du froid parisien. Laurence m’appela, elle habitait rue du dessert des bourges, la rue juste en face de la rue de Pâté.
J’aimais bien cette hypocrite bourgeoise (pléonasme) qui avait remarqué l’intérêt que je lui portais. Elle en faisait des tonnes, soufflant le chaud et le froid, comme elles savent si bien faire pour activer le foyer du désir et l’étouffer brutalement dans un rictus de satisfaction… Ce soir là, le téléphone retentit dans la cuisine avec des accents funèbres, un « dring » qui aurait dû me mettre la puce électronique à l’oreille. Elle ne disait jamais « allo », gardait une silence pesant durant cinq secondes, envoyait brutalement « c’est Laurence ! ». Un moyen de désarçonner l’interlocuteur, une ruse de siou adolescente dont je n’étais pas dupe.
- Y’a un concert de rock ce soir à la Guinguette Pirate, ça te dit?
Que n’aurais-je accepté pour revoir ce sourire carnassier et cette blanche nuque patricienne aux grains de beauté géométriquement sensuels comme les points des dominos !…
-Allons-y ! dis-je d’une voix que je voulais assurée.
Direction Quai de Bercy, arrêt guinguette Pirate.
La pont de Tolbiac vibre déjà, pilonné par la batterie tellurique, un dernier coup de semonce avant la pause, et nous rentrons dans cette péniche du diable qui décidera de mon destin. L’embarcation est d’un rouge vif comme des lèvres maquillées ondulant à la surface du fleuve obscure.
La lumière des spots se reflète sur la Seine tels de petits bûchers dans le nuit. Enfin, l’air électrique pénètre les poumons et refroidit l’échine en même temps qu’il se disperse en mille et un fourmillements à travers le corps. Cette fois, la fourche du son entame son travail de pique auditive. C’est parti… Le premier accord de guitare électrique commence par un larsen, mais rien ne décourage le groupe miteux dont le chanteur se prend pour le frère caché de Migg Jagger. Tous font des mouvements de tête hystériques. Je me rends compte que je suis pris en étau entre deux amplis. Les forgerons sans ouvrage martèlent le fer de nos têtes déjà bien cabossées par l’alcool. Devant nous, se succèdent en effet, sur des tables en bois, des verres de bière en plastique dont le houblon ne fait pas oublier l’infâme arrière-goût de pisse. Laurence se tient à côté de moi, sur un banc interminable où les paires de fesses des bourgeois s’alignent vulgairement comme les têtes du cimetière des innocents… Nous hurlons pour nous comprendre ; la gorge brûlée par tant d’efforts vains, nous finissons par adopter la langue des signes ponctuée de monosyllabes et de borborygmes maltés.
-Hein ? oui, non, aime pas ! J’AIME PAS, JE TE DIS !…

La suite par ici

Centres d’appels : SOS acouphènes

Posted by Nono | Posted in prevention | Posted on 16-01-2009

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indiacallcenter thumb 450x297 Centres dappels : SOS acouphènes
centre d’appels en Inde

Une lectrice me fait savoir par mail qu’elle vit un véritable cauchemar éveillé. Huit heures par jour, elle travaille sur une plateforme téléphonique de plus de 30 personnes. Entre les conversations permanentes et les sonneries de téléphone, on imagine facilement le stress auditif constant et ses répercussions sur l’audition.
 » C’est un enfer » est l’expression qu’elle emploie et je ne pense pas qu’elle soit exagérée…
J’ai souvenir d’une personne atteinte d’hyperacousie et continuant bon an, mal an, son travail on ne peut plus pénible. Une pollution sonore insidieuse…

Même le centre d’appel de la Caisse primaire d’assurance maladie du Tarn a connu trois cas de traumatismes acoustiques, en l’espace de quelques mois. Les salariés auraient, en effet, essuyé des rafales de « bips » meurtriers traversant leurs casques de qualité médiocre.
La CNAM s’est donc trouvée dans l’obligation d’investir dans des limitateurs sonores haut de gamme.

« La direction de la Caisse primaire d’assurance maladie du Tarn n’a pas traîné, depuis que mercredi l’une des conseillères de la plate-forme téléphonique a été victime d’un choc acoustique, le 2e survenu en quelques jours et le 3e accident depuis fin septembre (La Dépêche du Midi du 6 novembre).« 

ARTICLE DÉPÊCHE DU MIDI

Le bruit infernal des écoles maternelles

Posted by Nono | Posted in prevention, santé | Posted on 13-01-2009

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Redimensionnement de Redimensionnement de Cantine Le bruit infernal des écoles maternelles

Voilà un autre endroit où le bruit constitue une cause certaine de troubles auditifs.
D’ailleurs, nombreux sont les enseignants ou le personnel des cantines qui viennent témoigner sur les forums de leur difficultés à faire face au handicap dans une école. La plupart sont atteints d’hyperacousie ou d’acouphènes.
Près de 120 dB ont été relevés sous les préaux et dans les cantines. Difficile dès lors d’éviter la pollution sonore.
Malgré des normes plus strictes en matière d’acoustique et un arrêté de 2003 qui impose un seuil de bruit à ne pas dépasser dans les écoles maternelles, aucun diagnostic n’a été réalisé pour améliorer l’isolation phonique à l’échelle nationale. Les parents d’élèves et le personnel des écoles se trouvent donc dans l’obligation de déposer une plainte auprès du maire de leur commune, afin d’obtenir la réalisation des travaux nécessaires.

« Certains bâtiments scolaires construits avant 1995 ont tendance à réverbérer les sons et amplifier les bruits, générant stress et fatigue chez les jeunes enfants.

La semaine du son, qui débute lundi, s’intéresse cette année à l’acoustique des bâtiments et tout particulièrement des écoles maternelles. Le problème est important mais largement ignoré chez nous, contrairement à ce qui se passe en Europe du Nord et dans les pays anglo-saxons. En effet, il arrive encore trop souvent qu’en milieu scolaire les très jeunes enfants et le personnel scolaire soient exposés à des niveaux sonores dépassant les 80 décibels (db) dans les préaux couverts, les cantines, voire même dans certaines salles de classe. »

La Suite ICI

Témoignage de Gaëtan

Posted by Nono | Posted in prevention | Posted on 03-11-2008

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J’ai perdu l’audition subitement à 19 ans le 15 juillet 1985 au matin et ma vie à partir de ce moment là a complètement basculée. Ce jour de l’apparition de ma surdité brusque au réveil avec de bourdonnements et des sifflements insupportables dans l’oreille droite, en plus de grands vertiges ; j’ai déclaré à ma mère: « je ne vais pas vivre avec ça jusqu’à ce soir ? »
A plus de 20 années de distance, cette phrase sonne toujours aussi justement.
J’ai consulté un médecin généraliste dans les toutes premières heures et un spécialiste orl en début d’après midi, qui passera totalement à côté de l’urgence médicale et s’avèrera être complètement incompétent. Erreur médicale de diagnostic et de traitement. Quelques années plus tard, j’obtiendrai une indemnisation par le biais de l’aah.
Au début, plus de sommeil et rapidement, il m’a fallu cumuler de 18 à 20 heures de veille pour être assez épuisé pour trouver le sommeil malgré ces acouphènes aigus. Mon cycle de veille sommeil s’est alors inversé. Je restais éveillé à pleurer et à envisager le pire dans la journée, jusqu’à tard dans la nuit et je récupérais en sommeil la moitié de la journée suivante. Rapidement, plus aucune vie étudiante n’était encore possible. J’ai dû quitter mes études de médecine que j’aimais tant et ma chambre d’étudiant. J’ai occupé mon temps spontanément à revivre mon passé mentalement, puisque qu’aucun avenir n’était désormais possible. Je ne pensais pas qu’on pouvait autant pleurer, des heures entières, allongé sur le sol.

Les acouphènes au cours des mois se sont centralisés et sont devenus vraiment douloureux en permanence, sans qu’aucun traitement ne me soit proposé. Je fais alors un tour de France des hôpitaux. Clinique Causse à Béziers, Val de grâce à Paris pour l’avis d’un neurochirurgien sur un éventuel neurinome suspecté. Réalisation d’un examen barbare à la fondation Rothschild à Paris : une cisternographie gazeuse pour visualiser l’angle ponto-cérébelleux. Les conséquences sont des douleurs cérébrales en position verticale pendant 5 ou 6 jours et finalement, plus d’intervention neurochirurgicale de prévue car pas de tumeur sur l’IRM faite ensuite.
J’assiste en direct à la destruction de ma vie sans que personne n’intervienne pour m’aider. Je pense sérieusement à en finir et je prépare ce qu’il faut en pleurant dans mon grenier. J’écris des lettres d’appel au secours à la machine et je vais in extremis en rendez-vous, voir un très bon orl à Avicenne. Ma sœur travaillant à Paris, je loge chez elle et je me fais hospitaliser en orl une semaine. Le centre antidouleur intervient avec des perfusions de lidocaïne qui n’auront aucun effet positif. Finalement, je me vois offrir un stage dans un service orl qui m’aidera à passer l’été 90. L’orl réfléchit à mon avenir et me pousse à tenter un concours pour une formation courte en école d’infirmière. Je réussis le concours et pour lui ; parce qu’il m’a redonné envie de vivre encore, je tente cette formation.
En 1991, je vais consulter dans un centre antidouleur de la croix rouge à Paris et on me propose des hypnotiques et un antidépresseur en béquille, alors que je réclame un antalgique contre mes désormais, douleurs acouphèniques. Aucun dialogue n’est possible. Je suis squelettique par l’absence de sommeil et les douleurs subies en permanence, depuis beaucoup trop longtemps déjà.

On m’a conseillé d’approcher la douleur des autres en m’investissant dans la formation d’infirmier à l’aphp de Paris. Cette formation de trois ans a été un enfer. J’étais en dette de sommeil toute la première année et chaque soir, je m’effondrais sur mon lit en pleurs pendant 4 heures en moyenne à cause de la douleur accumulée toute la journée et tue par obligation. Mon visage était détruit par les pleurs, mes yeux cernés et je finissais par m’endormir très tard, épuisé. Je me traînais à l’école le matin et je cachais mes douleurs. A l’hôpital, la blouse blanche permettait de jouer le rôle de soignant, de plus en plus soigneusement, mais les douleurs étaient à leur apogée le soir chez moi.

J’ai réappris à gagner un peu de concentration pour mes examens et la prise de notes en cours, très doucement ; mais sans jamais regagner le fonctionnement cérébral qui était le mien avant cette erreur médicale de diagnostic et de traitement. Je suis passé d’année en année, sans hypnotiques et sans antidépresseurs. Je m’améliorais, mais je souffrais toujours autant de façon permanente et ma vie privée était inexistante en dehors de ma formation hospitalière. J’ai commencé à habiter dans la pharmacie de l’hôpital qui avait des logements de fonction et je n’étais plus qu’à 200 mètres des salles de cours.
Les tâches les plus difficiles étaient la lecture et le fait d’apprendre mes cours. Se concentrer des heures durant avec les douleurs était une véritable torture physique. J’avais le sentiment de venir d’une autre planète chaque matin, tellement je souffrais en permanence et j’étais triste et isolé dans cette formation.
J’habitais près d’une piste de stade ; j’ai acheté de belles tennis et je suis allé courir un samedi après-midi. J’ai vite arrêté car je revenais m’effondrer en pleurs sur mon lit, tellement les douleurs étaient augmentées.
Je suis tombé amoureux d’une fille dans cette école, qui m’a donné envie de m’accrocher pendant trois années, mais sans retour vrai ; ce qui m’a fait déprimer et penser que la vie n’était qu’injustices. J’y pense encore aujourd’hui et j’en souffre encore.
J’ai craqué souvent en pleurs, mais jamais en cours ou à l’hôpital. J’étais en telle dette de sommeil pour passer l’examen du diplôme d’Etat, que je savais qu’il me fallait écrire vite, car mon temps de concentration était compté. J’ai réussi ces examens, mais mes douleurs étaient toujours les mêmes et ma vie en lambeaux.
J’ai ensuite travaillé en réanimation des grands brûlés pour soigner des gens douloureux qui me donneraient des raisons de vivre encore et d’essayer de relativiser. Ça ne m’a pas servi beaucoup, car j’avais déjà trop donné pendant ces trois années de formation hospitalières ; sans être payé pour cela.
J’ai logé dans un vétuste et malfamé foyer Sonacotra dans le sud de Paris, en attendant d’avoir assez d’argent pour pouvoir louer un vrai logement. Je travaillais l’après-midi de 13 à 21h et je dormais ensuite beaucoup, beaucoup pour récupérer.
Au bout de 8 mois de ce régime de réanimation, j’ai perdu le sommeil à cause de marteaux-piqueurs dans le foyer pendant mes heures de récupération et j’ai connu un burn out. Je me suis retrouvé à l’hôpital aux urgences et il m’a fallu 4 mois pour m’en remettre, décidé de déménager et d’arrêter cette profession, qui m’apparaissait alors impossible en souffrant en permanence.

L’année suivante pour prendre ma revanche sur la vie et mes études de Médecine fauchées par l’erreur médicale et les douleurs 10 ans auparavant ; je me suis réinscrit en Biologie dans une autre faculté de Médecine à Paris, à 600 kms de la première. J’avais besoin d’être là à l’heure aux cours du matin et j’ai décidé de prendre un hypnotique du type Imovane. Je réussissais à m’endormir malgré les douleurs, mais la somnolence diurne le matin m’a coûté ma première année.
J’ai ensuite essayé diverses molécules et différents dosages et j’ai accepté de prendre du prozac, dont on vantait beaucoup les effets positifs dans les médias. Je voyais un psychiatre régulièrement, pour y déverser tout ce qui n’aurait pas été audible pour les collègues à la faculté ou auprès de ma famille. C’était un soutien palliatif en l’absence de traitement curatif antalgique.

Un été, je suis allé en Allemagne, invité dans un centre de cure thermale pour un programme de prise en charge des patients allemands atteints d’acouphènes douloureux. J’aimais l’allemand et cette relaxation avec un psychologue allemand selon la méthode de Schulz ou training autogène m’a permis de me sevrer des hypnotiques. J’ai retrouvé mon mauvais sommeil à la reprise des cours et j’ai tant bien que mal réussi à terminer ma Maîtrise en biologie, en souffrant beaucoup, sans vie privée, sans projets de vie, sans voyages, sans sports et sans vrais amis ou amies. Les autres sortaient en boite, allaient skier l’hiver et partaient en vacances à la plage l’été et passaient leur permis auto.
J’ai appris alors que toute différence éloigne et isole. L’indifférence est de rigueur. Les douleurs et la surdité font le vide autour de moi.

En 2001, je change de ville pour continuer en DEA. Je suis au maximum des doses de Prozac, mais je pleure beaucoup moins, sans avoir moins mal cependant. Je m’endors mal et j’ai abîmé mon articulation temporo-mandibulaire à cause de ma position antalgique sur mon oreille douloureuse pendant le sommeil. Mon dentiste m’adapte une gouttière à porter la nuit et mon kiné m’apprend une autre position de sommeil moins traumatique pour ma colonne vertébrale. Je condamne la fenêtre de ma chambre, qui donne sur un carrefour bruyant le matin et j’arrive à m’endormir plus ou moins facilement selon les soirs. Je me connecte à internet de temps en temps sur le forum de l’association France acouphènes et je déverse toute ma colère d’avoir une vie entre parenthèses à cause des douleurs. Je n’arrive pas à faire le deuil de mes études de Médecine et je n’accepte toujours pas de souffrir physiquement en permanence depuis tant d’années. Je crois que je n’y survivrai pas longtemps.
Je finis mon DEA et je décide de m’engager sur une thèse de neurosciences pour travailler plus tard en recherche sur l’audition. Evidemment, en souffrant en permanence de douleurs acouphèniques, de pertes d’équilibre, de surdité totale unilatérale et d’hyperacousie ; mon travail s’avère plus ardu et plus lent que pour mes collègues qui ne souffrent pas.

Je perds mon père d’un lymphome en 2006 et je déprime en réaction à cette fin prématurée et trop soudaine. Le prozac ne fait plus d’effet et mon psychiatre d’une consultation de la douleur, qui me soutient dans mes études me prescrit du séroplex, et du laroxyl pour m’endormir. Mes études en subissent les conséquences et mon sommeil est très perturbé. Mes douleurs acouphèniques sont toujours aussi permanentes et insupportables et ma colère extrême devant ces adversités de la vie et l’absence de traitement.

Je participe à une étude en rTMS qui s’avère inefficace et un essai d’emdr avec une psychologue ne me fait que pleurer d’avantage. Mon médecin me prescrit alors du solian, troisième antidépresseur et je retrouve un équilibre un peu moins sombre.
J’adopte un chaton de deux mois, offert par une chercheuse de mon laboratoire, mais il décède brutalement d’un arrêt cardiaque à l’âge de 7 mois. Sa présence apaisait mes colères et son ronronnement, perché sur mes épaules, me divertissait quelques secondes des douleurs acouphèniques.

Huit mois plus tard, j’arrive à faire un peu le deuil de mon premier chat et je craque pour un chaton, dont des amis de ma mère m’envoient la photo par internet. Je souffre un peu moins de solitude avec elle qui a 8 mois aujourd’hui.
Mon psychiatre me trouve déprimé et peu motivé pour mon travail de recherche. Il décide alors de changer mon traitement antidépresseur et je quitte le séroplex pour le cymbalta.

Je vis toujours au jour le jour ; je m’accroche à la vie, ne projette rien au-delà d’une semaine et continue mon travail d’étude malgré le mauvais sommeil et les douleurs permanentes tous les jours. Je n’arrive pas à me projeter des vacances ou des voyages en ayant mal en permanence.
J’essaye de reprendre un peu de sport depuis septembre 2008 (musculation et natation) pour trouver plus facilement le sommeil et je prends régulièrement mes antidépresseurs pour ne pas sombrer davantage. Solian et Cymbalta le matin et laroxyl le soir.
Je hais ceux et celles qui prétendent qu’on puisse s’habituer à de telles douleurs auditives permanentes et j’essaye de ne pas trop comparer ce que vivent et réussissent mes collègues, pour moins pleurer. Je me heurte constamment au monde réel de la multitude qui traverse la vie sans souffrir, en souriant et riant et cela me blesse, car je ne vis rien de cela.

Je rêve peu et je suis capable de dormir très longtemps ; seul moment d’une journée où je n’ai pas conscience d’avoir mal. Je suis ouvert à toute chirurgie ou technique qui pourrait alléger mon calvaire et je me bats avec les ministres ou secrétaires d’Etat pour faire avancer la recherche de thérapies efficaces. Il m’arrive encore de rêver de reprendre ma vraie vie sans ces douleurs et je n’ose imaginer ce que je pourrai enfin vivre pleinement et sans limitations. Mais cela tient du miracle hypothétique attendu depuis plus de vingt années. On ne s’habitue jamais à avoir mal, croyez moi, pas une seconde.

Gaëtan.

Le docteur Ohresser vous écoute

Posted by Nono | Posted in prevention | Posted on 15-05-2009

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Notez bien cette date : le jeudi 28 mai de 11 à 13 heures, le docteur Martine Ohresser (mangeuse d’oreilles en allemand…) répondra à vos questions pertinentes en sa qualité d’ORL, spécialiste des acouphènes et de l’hyperacousie. Elle est à l’origine d’AERA, un centre d’étude en acouphénologie (sic) et l’auteur d’un énième manuel rémunérateur : “Bourdonnements et sifflements d’oreille”, considéré comme la Bible par quelques zélateurs de France acouphènes…
Moi j’y serai sur ce chat, et vous ?…
En direct avec le Dr Martine Ohresser

La médecine chinoise et nos oreilles

Posted by Nono | Posted in prevention, santé | Posted on 07-01-2009

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bande La médecine chinoise et nos oreilles

J’avoue m’être intéressé au taoïsme par la lecture du Tao Te King de Lao Tseu. Je vous le conseille.
Une sagesse millénaire, une mystique de la nature, une harmonie avec le cosmos, bref ! C’était bon y’a 2500 ans. Aujourd’hui, essayez de faire du Taï Chi sans être déconcentré par un scooter japonais
Quant à la médecine chinoise, je ne sais trop qu’en penser. J’ai bouffé, pendant des semaines, d’indigestes et peu ragoutantes gélules noires contenant des dizaines de plantes, toutes plus exotiques les unes que les autres, un remède naturel sans succès… Prêt à n’importe quel sacrifice pour mettre fin à l’hyperacousie, je me suis auto-planté, devant un miroir, d’immenses aiguilles autours des oreilles.
Valait mieux pas rater son coup…
Rien n’a marché. J’ai donc tiré un trait sur mes idéogrammes…
Mais qui suis-je pour émettre l’ombre d’une critique à l’encontre d’une médecine vielle de 3000 ans ? Médecine préventive avant tout, mais qui fait aussi ses preuves dans les hôpitaux chinois.
Je publie donc ce texte de Chinamed que je trouve plutôt bien troussé. Les recettes populaires à la fin sont assez cocasses…

« Acouphènes et maladie de Menière ; causes et traitements

J’ai dû manquer de précision dans un de mes messages précédents. En fait la médecine chinoise peut être efficace pour tous les types d’acouphènes et non seulement pour ceux qui sont liés à la maladie de Menière.

Comme je ressens un intérêt certain pour la médecine chinoise, qui peut apporter de nouveaux espoirs à certains, je donne quelques informations supplémentaires. Je comprends qu’un manque de communication avec son médecin chinois ne soit pas une expérience très agréable. Sans doute s’agit-il d’un praticien d’origine chinoise qui ne maîtrise pas bien la langue. Dans ma pratique, je considère qu’il est important que le patient sache quels sont exactement la cause et le mécanisme de sa maladie et comment je compte y remédier. Cela aide à ‘diriger nos deux volontés vers le même but’, qui est celui de la guérison. C’est la ‘connivence’ dont parlait Gérard. En général les explications sont évidemment simplifiées, car la plupart des patients ne sont pas familiarisés avec le discours scientifique de la médecine chinoise… mais c’est assez facile à saisir et très raisonnable.

Voici donc quelques informations complémentaires résumées.

Les acouphènes sont cités pour la première fois comme maladie (plus traitement) dans un manuel médical chinois du 6me siècle. Depuis lors son diagnostic et ses traitements se sont largement diversifiés jusqu’à ce jour. Malgré cette recherche et cette expérience de 14 siècles… on n’arrive cependant pas encore à guérir cent pourcent des patients. Cependant les statistiques dont je dispose actuellement accusent un taux d’efficacité de plus de 80%. (Ce taux d’efficacité se divise selon les critères suivants : 1. Guérison, 2. Grande amélioration, 3. Légère amélioration ; 4. Pas d’amélioration. Le pourcentage total de l’efficacité se fait par l’addition des points 1 à 3).

Voici quelques causes des acouphènes suivant la médecine chinoise (dans le désordre) : une maladie chronique débilitante, des excès sexuels, le surmenage physique ou intellectuel, les problèmes émotionnels, le vieillissement, une alimentation ‘déréglée’, les atteintes virales, les traumatismes, les tumeurs, les maladies pyogènes, etc. Certains s’y reconnaîtront sans doute, tel qui s’est brisé les reins dans la préparation de ces examens, tel autre ayant été gravement blessé dans ses émotions, tel autre enfin, ayant trop profité des plaisirs de la vie, etc… tel autre finalement, ne se trouvant aucune cause et étant né avec ce facteur héréditaire (qui n’est pas nécessairement un gène spécifique, mais un type d’affaiblissement relaté à une quelconque fonction physiologique se rapportant aux acouphènes).

En médecine chinoise, les acouphènes se traitent principalement par la médecine aux herbes (phytothérapie) et l’acupuncture. Pour un étudiant (et sans doute le médecin chinois plus tard dans sa pratique), c’est une des pathologies les plus complexes (je ne dois certainement pas vous convaincre de cela). On distingue actuellement 5 mécanismes pathologiques principaux et pas moins de 18 complications. Cela fait une base de 23 mécanismes pathologiques fondamentaux, dont plusieurs d’entre eux peuvent se combiner. Chacun d’eux se développera chez une personne qui a ses particularités physiologiques personnelles (ce qu’en homéopathie on appelle le terrain), ce qui crée autant de tableaux cliniques individuels. C’est compliqué. Mais les médecins chinois dûment formés sont entraînés à ce type d’approche. C’est compliqué… mais cela veut dire aussi que la médecine chinoise dispose d’une connaissance médicale et thérapeutique qui permet de diagnostiquer cette maladie avec sérieux et de la traiter. Voilà de nouvelles raisons d’espérer.

Le problème est qu’en France il n’y a que peu de vrais médecins chinois qui ont eu cette formation (dans les formations abrégées habituelles des praticiens d’acupuncture en France, le nombre de syndromes étudiés se limite actuellement à cinq – meilleur manuel disponible actuellement). Seuls les quelques médecins chinois ayant eu une formation universitaire complète en la matière (y compris les quelques praticiens diplômés de l’Institut Guang Ming en Suisse qui ont également eu cet enseignement, dont deux français) disposent du potentiel nécessaire à traiter sérieusement. C’est notamment pour faire face à ce problème que je publierai bientôt un ouvrage reprenant dans le détail les protocoles de diagnostic et de traitement des acouphènes suivant la médecine chinoise. Espérons que l’élargissement de cette connaissance profitera au plus grand nombre.

Pour terminer… et comme j’ai pu constater qu’au-delà de la souffrance vous savez faire preuve d’humour, je terminerai par une recette populaire chinoise pour traiter les acouphènes et qui, dans certains cas, semble avoir fait ses preuves : « jeter un morceau de fer chauffé au rouge dans l’alcool blanc. Boire cet alcool et en même temps placer un morceau de magnétite dans les oreilles et l’y garder toute la journée (l’enlever la nuit) ». Cela dégage les orifices des oreilles, diminue les acouphènes et favorise une ouïe qui décline. Une dernière qui est très jolie et qui s’applique surtout à la surdité : « Prendre un morceau de magnétite de la grandeur d’un grain de soja et y ajouter un peu de carapace de pangolin grillé. Envelopper dans du coton et introduire dans l’oreille atteinte. Garder un morceau de fer dans la bouche. La formule commence à avoir de l’effet quand on peut entendre un bruit comme le vent et la pluie dans l’oreille ». Que ces deux petites recettes ne vous mettent surtout pas sur une fausse voie. Elles sont amusantes, mais ne diminuent en rien la profondeur et le sérieux de l’approche des acouphènes en médecine chinoise.

J’espère ne pas vous avoir lassé. Je ne veux pas ‘squatter ce site’… mais compte tenu des demandes d’information que je reçois, je pense que ce genre d’information peut être utile pour le plus grand nombre. Et qu’on s’en souvienne : même si la médecine chinoise dispose d’un arsenal diagnostique et thérapeutique impressionnant, elle ne guérira ou n’améliorera qu’une partie des patients. Il faut espérer… mais savoir garder les pieds sur terre. »

Le doux bruit des vagues

Posted by Nono | Posted in prevention | Posted on 03-06-2009

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Je ne sais pourquoi le bruit des vagues m’apaise, il suffit que le vent soit de la partie pour que ces deux bruits blancs aient un pouvoir d’atténuation immédiat sur l’hyperacousie. Aussi, allongé sur la plage, je peux supporter bon nombre de bruits qui me seraient insupportables ailleurs. Plusieurs personnes m’avaient fait cette réflexion : « La mer apaise l’hyperacousie, c’est indéniable ». Je ne me suis jamais senti aussi « normal » que sur une plage, comme un sanctuaire ou je n’aurais à craindre les multiples bruits de mes contemporains. Je ne rate pas une miette des scènes burlesques qui se déroulent comme des vagues sous mes pieds.
-Je veux être enterrée aussi, dit une gamine tandis que ses frères ensablent jusqu’au cou le plus petit de la fratrie.
-Personne ne veut m’aider à m’enterrer, insiste t-elle. Ses mains fouissent le sable, son visage exprime de l’agacement, mais elle met du cœur à l’ouvrage pour recouvrir de quartz humide son corps potelé. Deux autres petits blonds passent devant ma serviette, l’aîné traîne d’une main un immense congre désorbité au corps desséché. L’affreuse gueule du monstre fait admirer ses dents saillantes et grisâtres.
- Tu verras, ça va leur faire plaisir ! dit-il à son frère…
L’eau est glaciale mais j’y suis comme un congre, je nage jusqu’à l’oubli… Je comprends le plaisir des navigateurs, des surfeurs. Ce même plaisir, cette même sérénité, je les ai éprouvés en courant dans la forêt, sous le vert parasol des chênes.

Le mal de mer sur Seine

Posted by Nono | Posted in prevention | Posted on 11-06-2009

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Je restais de longues minutes sur le pont, mon front se ridait comme l’eau, et d’étranges sifflements rappelaient mes oreilles à l’ordre. Le bruit changeait le paysage en tableau expressionniste. Il ne me restait plus qu’à crier pour rendre hommage au maître norvégien Munch… Personne ne m’eût entendu et encore moins vu tellement la marée humaine suivait le rythme hypnotique des jeux de lumières et des percussions . Certains levaient le bras, à quelques doigts près, je me serais cru en 33, à Munich…
Et puis, sur un dernier larsen suédois, le guitariste mit fin au supplice. Le silence fut accueilli comme le roi après un charivari. Mes amis bourgeois semblaient comblés, je fus même convié à une partie de cartes ; ils me récompensaient à leur façon d’avoir quitté la cabine pour écoper…
-Tu viens, allez ! minauda Laurence dont le sourire insistant était infiniment vulgaire mais charmant. Elle se tortillait avec complaisance pour que je monte dans l’antique Peugeot 204 du producteur. J’acceptais du bout des lèvres, me demandant si j’arriverais à affronter jusqu’à l’aube la bêtise et la fatigue. Une chose était sûre : ce vieux tacot nous conduirait immanquablement au prochain chapitre ici.

Comment définir l’hyperacousie ?

Posted by Nono | Posted in prevention | Posted on 21-01-2009

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david+petit Comment définir lhyperacousie ?
« Nature Morte » (David Petit).

Il est impossible de décrire l’hyperacousie sans tomber dans les métaphores musicales usées jusqu’aux oreilles. Vous m’imaginez en violoncelle désaccordé ? Les bruits comme des crins d’archet qui me feraient grincer des dents ? Et pourquoi pas le silence perdu de la double croche provoquant son quart d’heure de soupir ?…
On connaît déjà le refrain, à la portée de tout grimaud mélomane…
Ou bien alors, un médiocre plagiat de la métamorphose kafkaïenne : ce matin, je me suis réveillé, le corps couvert de cordes !
Mille fois j’ai essayé, autant de renoncements… Et que dire des acouphènes ? Je préfère de loin les onomatopées aux images convenues ; les quelques tentatives « littéraires » sont un véritable fiasco, un déluge de mots crémeux, une avalanche de niaiseries pleurnichardes et sucrées .
Vous avez lu « Acouphènes » de Géraldine Maillet ?… Cette improbable guimauve, sirupeuse à souhait, pour mémères lacrymophiles. Harlequin n’en a même pas voulu…
Vous ne ratez rien, si ce n’est une bonne tranche de rigolade… Le mal est fait ? Vous avez dépensé 15 euros pour cette fadaise? La meilleure chose à faire est d’essayer de la refourguer en lousdé sur France acouphènes ( même style…).