Articles commentés

Journée de l’audition : un jour sans baladeur

La journée nationale de l’audition aura lieu le 11 mars. Une enquête publiée en février révèle que les jeunes de 12 à 25 ans n’ont jamais autant écouté leur baladeur. La durée d’écoute moyenne est d’une heure et demi par jour. Ceux qui utilisent leur baladeur le plus...

lire la suite

http://twitter.com/Artnono

Témoignage d’espoir

Posted by Nono | Posted in prevention, santé | Posted on 08-03-2013

Mots-clefs :, , , , , ,

18

Bonjour, je m’étais promis de venir témoigner dès que j’irais mieux, je me suis donc permis d’écrire ce pavé, en espérant qu’il puisse redonner espoir à certains…
Merci d’avance s’il est publié icon smile Témoignage despoir

J’ai 26 ans et je suis enseignant à l’île de la Réunion. Je suis aussi dingue de musique et je joue de la basse dans un groupe de rock depuis 1 an environ.
Voilà comment cela s’est passé pour moi. Fin avril 2012, j’ai attrapé une otite qui a été mal soignée et que j’ai gardée pendant deux mois, avec l’oreille gauche complètement bouchée. J’ai quand même continué à faire de la musique, sans protection puisque je n’avais pas le droit de mettre quoi que se soit dans mes oreilles. De même, j’ai écouté de la musique au casque à volume important, pour compenser cette «perte» d’audition.
En rentrant d’une répète, mon oreille était «cotonneuse» et est restée comme cela pendant un moment. Puis les acouphènes se sont installées, et progressivement l’hyperacousie. Je ne supportais plus certains bruits (clés, verres qui tintent et autres sons aigus). De plus, les acouphènes m’insupportaient, particulièrement le soir pour m’endormir. Je suis retourné voir plusieurs fois l’ORL qui me suivait qui était persuadé et fermement convaincu qu’il s’agissait là de l’inflammation de mon otite qui continuait de sensibiliser mes tympans, et que les acouphènes allaient s’en aller d’eux-même comme ils étaient venus. Il m’a quand même prescrit le traitement classique : cortisone et Vastarel. Aucun d’eux n’a été d’aucune efficacité, et mon état ne s’est pas amélioré, au contraire.
Après 2 ou 3 semaines à ne pas dormir plus de 2h par nuit, j’ai commencé à sombrer dans la dépression. Je me suis mis en arrêt maladie pendant près d’un mois, qui a été le pire que j’ai passé de ma vie. Je ne mangeais plus correctement, je devenais très faible, les anxiolytiques me rendaient amorphes. Je me suis complètement renfermé sur moi-même, n’osant plus sortir de chez moi car je ne supportais même plus le volume des conversation, j’avais l’impression que cela résonnait, et que mon tympan se contractait violemment. C’est devenu rapidement invivable, et les témoignages lus sur internet n’ont pas arrangé les choses. Très peu d’entre eux montraient une issue possible à ce mal. Je ne voulais plus retourner voir d’orl, je ne leur faisait plus confiance. Mon médecin traitant était aussi dépassé qu’eux, et semblait persuadé que ma détresse était purement d’ordre psychologique. J’ai eu des pensées sombres au possible, dont
je vous passe ici les détails. Ma vie semblait ruinée, je me voyais devoir arrêter mon métier d’enseignant et devenir tributaire des autres pour vivre, à mon âge ! Je ne pouvais plus envisager faire de la musique, alors que c’était une des choses qui me caractérisaient et qui me faisaient vibrer.
Au bout de quelques temps, j’ai décidé de me ressaisir. J’ai commencé avec la famille et les amis dans les endroits les moins bruyants possibles (pique-nique ou rando en forêt, plage, etc…) et toujours muni de bouchons de protection faits sur-mesure (-25db). En parallèle, j’ai essayé toutes les médecines «alternatives» possibles et imaginables (relaxation, yoga, acupuncture, ostéopathie, …) qui ne m’ont sûrement pas guéri mais m’ont permis de me détendre, de me sentir moins oppressé. J’ai finalement atteint mon objectif premier: reprendre le travail. Et ça a vraiment été le facteur accélérant de l’amélioration de mon état. J’ai recommencé à me socialiser, à discuter avec les collègues, bref, à penser à autre chose ! Bien sûr au début, j’étais fatigué, mais le fait de m’occuper l’esprit m’a permis de commencer à mieux dormir le soir, jusqu’à ce que finalement j’arrive à me passer des anxiolytiques. A ce moment
les acouphènes me dérangeaient déjà beaucoup moins.

Puis petit à petit j’ai décidé de reprendre la musique. Nous avions un petit local de répétition avec notre groupe, équipé d’une batterie électronique, cela constituait un compromis idéal pour reprendre «en douceur». Je me suis bien sûr protégé avec les bouchons à -25db. J’ai retrouvé le plaisir de la musique et celui-ci a commencé à «prendre le dessus» sur la douleur. Petit à petit je me suis remis à répéter en condition «normale» (batterie acoustique + amplis). Depuis, nous avons fait deux concerts avec mon groupe et mon audition se porte beaucoup mieux. Je n’utilise plus mes bouchons que pour les répètes et les concerts, je suis capable de conduire sans (et même d’écouter de la musique dans ma voiture !), d’aller dans des endroits relativement bruyants, bref je revis.

Tout çà pour vous dire de ne pas perdre espoir, ce n’est pas parce que la médecine n’y comprends pas grand chose que vous êtes condamnés. Et bien entendu ce n’est pas QUE psychologique, la douleur ressentit est bien réelle. Cependant la dépression est peut être encore bien pire qu’elle et c’est ce qu’il faut à mon avis traiter en priorité.

BON COURAGE A TOUS

Sébastien.

Surdité de perception, le trop-plein de décibels

Posted by Nono | Posted in prevention, santé | Posted on 20-12-2011

Mots-clefs :, , , , ,

0

Le Figaro Santé consacre un article à la surdité de perception. Le professeur Claude-Henri Chouard, oto-rhino-laryngologiste et membre de l’académie nationale de médecine tire la sonnette d’alarme au risque d’aggraver l’état de santé des polytraumatisés du son… Il n’hésite pas à employer les termes de « pandémie » concernant la surdité précoce et de « véritable drogue » s’agissant l’addiction à la musique à forte intensité. Si l’on conçoit aisément que les raveurs décérébrés ou les shootés du MP3 soient plus exposés, on imagine plus difficilement les musiciens,classiques confrontés aux mêmes problèmes d’audition.
Claude-Henri Chouard pose un diagnostic inquiétant concernant l’hyperacousie, rarissime il y a 10 ans, quasi-fréquente aujourd’hui.

http://sante.lefigaro.fr/actualite/2011/12/16/16495-decibels-forte-dose-vont-ils-nous-rendre-sourds

Vastarel interdit, ses génériques aussi

Posted by Nono | Posted in santé | Posted on 11-04-2011

Mots-clefs :, , , ,

3

l’Afssaps a décidé d’interdire le Vastarel et ses génériques sur recommandation d’une commission d’autorisation de mise sur le marché.
Publiée par l’Afssaps le 31 janvier, la liste des médicaments sous surveillance comportait bien le Vastarel.
Le médicament contient de la trimétazidine, principe actif utilisé en cardiologie, ophtalmologie, ORL (pour lutter contre les acouphènes) et autorisé depuis 1978.
Les experts ont estimé que les risques étaient plus élevés que les bénéfices.

Les effets indésirables ne sont en effet pas négligeables puisqu’il s’agit de troubles neurologiques, de syndromes parkinsoniens et de chutes.
De quoi inquiéter ceux qui comme moi en ont pris quotidiennement après chaque risque de traumatisme sonore…

Bouchon Pianissimo pour piano

Posted by Nono | Posted in prevention, santé | Posted on 16-12-2010

Mots-clefs :, , , , , , , ,

6

« Déjà, je suis très contente d’avoir découvert ce site et de pouvoir lire des témoignages même si certains font un peu peur quand même !
Cela fait un an et deux mois que je vis avec un acouphène plutôt faible, disons que je ne l’entends que quand il y a du silence, et d’hyperacousie qui me dérange beaucoup plus ! Commençons par le début : j ‘ai 30 ans et je suis musicienne. J’ai commencé le piano à 10 ans, et deux ans plus tard je suis tombée amoureuse de la batterie et des percussions. J’ai joué dans des groupes rock et grinde core jusqu’à mes 18 ans sans jamais me protéger les oreilles, et aucun problème. Puis j’ai stoppé la musique pendant deux ans durant lesquels je me suis totalement consacrée à mon petit bébé qui a 11 ans aujourd’hui et aux reptiles.
Mais la musique me manquait trop alors j’ai repris d’abord la batterie, puis les groupes, les concerts mais cette fois-ci en me protégeant les oreilles sauf avec mon groupe de percus !! allez savoir pourquoi !! Puis est arrivé le premier choc. Je participais à un carnaval, je jouais de la cloche et je suivais le chars dont les enceintes étaient beaucoup trop forte. Et d’un coup, çà a fait un poke douloureux dans mon oreille droite ; j’ai de suite compris. Mais sur le coup je me suis estimée chanceuse car à part une petite baisse auditive aucune séquelles. çà devait être en 2003 ou 2004.
J’ai continué à fond les ballons en protégeant cette fois-ci tout le temps mes oreilles : les acouphènes et l’hyperacousie n’étaient pas un sujet méconnu pour moi, je connaissais les risques. En 2006 j’ai pris la décision de me consacrer à fond au piano ( classique ) et quelques mois plus tard j’ai rencontré mon chanteur actuel et le old blind mole orkestra est né. J’y joue principalement du piano. Et qu’il s’agisse du piano seul ou du groupe ( pop swing ) beaucoup plus calme que mes groupes précédents, je ne me suis pas protégée les oreilles. A force, l’inévitable est arrivé mais d’une façon bien étrange : en octobre 2009 nous sommes parti faire un concert pour les expressifs à Poitiers. Des manifs ont éclaté dans la ville et le concert a été annulé. En rentrant, j’ai ouvert la fenêtre de ma voiture pour fumer une clope, je roulais à 110 et boum, oreille droite bouchée !
Je ne me suis pas inquiétée et je me suis dit que je devais avoir une otite. Mais une semaine plus tard, oreille toujours bouchée, plus acouphène et hyperacousie !!! Direction l’orl. Je ne suis pas quelqu’un de fataliste, c’était fait alors faut vivre avec. Mon oreille s’est débouchée au bout d’une semaine de cortisone, et de vastarel que je continue à prendre de temps à autre. Mais les premiers mois ont été très dur, les bruits du jet de la douche, le bip de la caisse dans les magasins, les restos, le cinéma, le piano, etc… et le plus dérangeant : les voix des filles et des enfants. Tous ces bruits font comme une saturation dans mon oreille, et je me sature avec ma propre voix ! Très vite, j’ai acquis les prothèses pianissimo pour pouvoir continuer mon métier : la musique.
Personnellement l’acouphène ne me dérange pas trop, il ne m’a jamais empêché de dormir même si il a fallu si habituer au départ. Par ailleurs mon acouphène est un si bémol aigu ! Mais l’hyperacousie est fatigante. Vivement que mon fils mue ! icon wink Bouchon Pianissimo pour piano Je n’ai pas fait de dépression non plus.
Ce qui m’inquiète, c’est l’évolution. J’ai eu une amélioration cette été ; donc en septembre j’ai repris le travail du piano sans les pianissimos mais avec la sourdine, puis j’ai fêté mon anniv, une quinzaine de personnes avec les pianissimos, et ça s’est redégradé, à oui, plus un concert d’Adam Gyorgy où le piano était surélevé par rapport au public, le son n’était pas trop fort et j’ai voulu entendre à nouveau le son d’un piano sans sourdine ou protections dans les oreilles, mais l’utilisation massive d’octaves dans les aigus chez Liszt et Chopin ont eu raison de mes oreilles ! Donc je me suis recalmée, car moi aussi je joue Chopin et Liszt !
Je ne sais pas combien de temps je vais pouvoir continuer la scène, je me renferme pas mal entre chaque répétitions et chaque concerts pour me reposer mais si çà devait empirer, j’arrêterai et me lancerai dans l’élevage des reptiles, font pas de bruit eux ! »

Acouphene-Allo-docteur-France 5

Posted by Nono | Posted in prevention, santé | Posted on 06-09-2010

Mots-clefs :, , , , , ,

5

Je viens de regarder l’émission Allo docteur sur France 5. Cela faisait longtemps que Marina et Michel n’avaient invité le docteur Londero pour parler d’acouphènes. La dernière fois, je me souviens avoir pris des notes pour en faire un résumé rageur ici-même. Cette fois-ci, c’est une première, à aucun moment je n’ai été énervé par ce qui a été dit, ce qui, je l’avoue, va faire perdre beaucoup de charme à ce billet. Je pense que le fiasco de la dernière émission d’Allo docteur n’est pas passé inaperçu aux yeux des responsables de France Acouphènes. Aussi, le docteur Londero s’est-il appliqué a ne pas heurter la sensibilité des acouphéniques. On ne retrouve plus ce ton péremptoire exaspérant, et c’est avec surprise que je l’entends dire « Je n’en sais fichtre rien » à propos du lien stress-acouphènes…
L’invitée témoignait dignement -on met le mot « dignité » à toute les sauces maintenant…- et timidement de sa difficulté à vivre la tête emplie de sifflements très aigus. L’origine de ses acouphènes serait un traitement médicamenteux ototoxique. Elle parlait également d’hyperacousie. Pour une fois que le terme est expliqué sans que le mal soit minimisé, il y a de quoi en tirer satisfaction. Il était aussi question d’un prof atteint d’hyperacousie qui a eu le droit à un début de compassion de la part du Docteur Londero : « avec 30 élèves, ça doit être infernal » souligna t-il, et d’ajouter que cela posait la question de la reconnaissance du handicap. Bon, une simple réserve tout de même. Vers la fin de l’émission on assistait à la sempiternelle séance de sophrologie télévisée. Et la gentille sophrologue de service a failli gâcher la bonne impression du début en insistant sur le stress. Mais enfin, si certains sont calmés par des voix de hot lines pour sous-dépressifs, je ne vois rien à redire.

L’histoire d’un ancien musicien batteur

Posted by Nono | Posted in prevention, santé | Posted on 29-08-2010

Mots-clefs :, , , , , , ,

6

« Courage à toi, je sais que ce n’est pas évident.

Je suis moi-même ancien musicien, ancien batteur.

En fait voilà ma petite histoire :

Je connais les symptômes depuis longtemps en fait depuis très longtemps même.
Un de mes premiers souvenirs quand j’étais petit est cette musique dans ces voitures qui passaient en bas de ma rue, les basses me faisaient bizarre et j’allais me planquer dans une pièce isolée, à l’époque j’étais tout petit.
Je me souviens de quelques détails comme les alarmes incendies, les feus d’artifices, les sirènes de véhicules de police etc, que je n’aimais jamais, je trouvais ça insupportable mais je voyais que personne ne se bouchait les oreilles, je trouvais ça étrange.
Et ces sifflements qui m’empêchaient de trouver le sommeil la nuit tellement je me concentrais dessus, je me souviens en avoir parlé à ma mère qui m’avait répondu que c’était normal.
Puis au collège j’ai souvenirs que lorsque qu’on me demandais des réponses en chuchotant pendant les interros je n’entendais pas, on me répétais plusieurs fois mais je finissais rarement par comprendre. A l’âge de 12/13 ans j’ai commencé à me rendre compte que certains bruits (moteurs de camions, pour les graves ou sifflets, la voix de ma prof de maths de l’époque, dans les aiguës) me faisait « bizarre » dans l’oreille en fait ça ne faisait pas vraiment mal mais je sentais que je ne les entendais pas normalement c’est comme si ce bruit couvrait tous les autres et il m’était difficile de situer la source du bruit. Je suis donc allé chez mon médecin qui m’a dit que cela venait certainement du mon nez (qui a toujours été bouché).
Puis environ tous les ans je retournais chez mon médecin généraliste car cela ne passait pas, la plupart du temps c’était supportable mais il y avait toujours ces bruits que je ne percevait pas normalement. Mais je pensais que ce n’était rien.
J’ai pourtant toujours voulu jouer de la batterie, quand j’étais gosse je jouais avec des fourchettes sur des boites en carton, puis j’ai commencer les cours de caisse claire à 6/7 ans, j’ai en suite appris le solfège et joué de la clarinette pendant 4 ans en conservatoire. Jusque là c’était supportable les bruits aiguës me faisait « bizarre dans les oreilles » un peu comme quand ma mère me faisait des smacks dans l’oreille quand j’étais plus petit, je détestais ça !!!!
A l’âge de 13/14 ans j’ai commencé le vélo, j’ai toujours aimé, en fait c’était un peu ma seconde passion. J’en ai fais pendant 3 ans en club puis j’ai arrêter complétement pour me concentrer sur mes études, j’avais du mal à gérer les entrainements tous les deux jours avec mes devoirs etc… C’est à ce moment que j’ai décidé de reprendre les percussions.

Quand j’ai recommencé la musique je me suis toujours protégé car à l’inverse des musiciens que je connaissais je n’ai jamais supporter la musique à pleins volume, jamais je n’aurais pu jouer de la batterie sans protections.
J’ai joué dans un premier groupe, ça a duré 1 an puis j’ai monté un autre groupe avec un guitariste que je venais de connaitre, au bout d’1 an nous avons commencé à nous produire en concerts un peu partout dans la région, pour moi c’était toujours pareil :
bouchons + casque anti-bruit mais malgré tout je sentais que mes acouphènes augmentaient, je suis donc allé voir un ORL qui m’a dit que même protégé mes oreilles morflaient à cause de la conduction des vibrations par voie oseuse. J’ai commencé à avoir peur d’aller en répère, oui je craignait que ça s’aggrave.
Tout à basculer un jour où j’allais chez mon père, il y avait la fête sur la place de la ville, quelqu’un à voulu assassiner son dealer à qui il devait de l’argent (enfin j’ai pas trop suivi l’histoire), il y a un coup de feu, j’étais à 50m environ, j’ai eu l’oreille littéralement détruite. Depuis ce moment mes acouphènes sont deux fois plus présentes, surtout à l’oreille gauche et
j’avais l’impression d’entendre bizarre, comme ça me le faisait auparavant pour les bruits très graves ou très aïgues mais là ça le faisait pour tous les bruits, je suis retouné chez mon ORL qui m’a dit que mon oreille avait du être un peu endommagé, j’ai réçu un court traitement de vasodilatateurs. L’ORL m’a dit que ça passera, qu’il faudrait attendre un peu, que j’aurais peut-être un petite perte d’audition mais rien de grave, je pourrais continuer la musique sans problème.Sauf que j’ai bien compris que ça ne serait plus le cas. Le bruits des supermarché, à la fac dans les amphis, partout, les couverts, la vaisselle, les voix, même la mienne, tout me faisait mal !
Quelques jours plus tard je recevais ma toute nouvelle batterie que j’avais pu m’offrir avec l’argent de nos concerts et en ayant économiser pas mal. La semaine d’après première répétition sur ma nouvelle batterie, toute neuve, je supportais le bruits mais quelques fois malgré les bouchons et le casque anti-bruit ça me faisait toujours cette sensation très désagréable. Après la répétition, une dose d’acouphène supplémentaire cette fois-ci dans les graves, un gros bourdonnement dans l’oreille droite.
Ce jour là j’ai compris que la musique c’était fini pour moi. J’avais 18 ans.
Et vous savez, c’est pas évident d’arrêter comme ça. Tous mes amis sont musiciens, toute ma vie tournais autour de la musique.
J’ai toujours rêver d’être batteur, depuis tout gamin. Dans ma famille beaucoup sont musiciens ma mère et ma grande sœur chantent dans une chorale, même dans ma belle famille, beaucoup de musiciens.
J’ai vu toute ma vie effondrer devant moi, le groupe que j’avais monté, mes années de conservatoire, tous mes projets anéantis. Je suis resté toute un après-midi à pleurer devant ma batterie lorsque je suis parti la retirer de notre salle de répétition. Mais je savais qu’il fallait que j’arrête de toute façon je n’avais pas le choix, ma vie étais déjà un enfer (et elle
l’est toujours) alors si je voulais continué à supporter je devais arrêter la musique.
J’étais perdu, tout à si brusquement changer, dans mes rêves (ou plutôt mes cauchemars), lorsque j’arrivais à dormir, je me voyais faire des concerts, de nouvelles compos, ressentir la musique comme avant (rien que de l’écrire j’en ai les larmes aux yeux). C’était honnêtement la pire période de me vie, et de loin. Heureusement que ma copine était là (et heureusement qu’elle est toujours là) sinon je ne serais sûrement plus là aujourd’hui. Plutôt que de m’acheter une nouvelle double-pédale j’ai fais faire des bouchons moulé avec filtres de -9dB, -15dB, -25dB et -29dB, pour pouvoir continuer à aller à la fac. Les repas de famille, les fêtes, les mariages c’était fini, je ne pouvais plus y aller. La plupart du temps de restais enfermé dans ma chambre mais j’ai vite réaliser que rester enfermé à broyer du noir ce n’était pas la bonne solution. Alors j’ai décidé de ne pas me laisser anéantir, j’avais besoin de réfléchir à ce qu’allait devenir ma vie maintenant.

Je suis parti, seul avec moi-même marcher, marcher sur le Chemin de Compostelle, me laissant une semaine pour tout préparer. Un mois seulement mais un mois dans le calme à marcher huit heures par jour avec un sac de 10 Kg, laver ses vêtements avec son savon
dans les refuges. Je n’ai jamais été croyant, enfin pas en un Dieu mais je crois en la Nature. Et elle m’a été bénéfique.Quand on marche 600 Km tout seul, à se nourrir de ce qu’on peu acheter avec le peu d’argent embarqué, marcher de 6h à 15h sans savoir où l’on va dormir le soir ni si on pourra se doucher à l’eau tiède ou faire sécher ses vêtements ; on se rend compte que tout le reste, finalement, ce n’est que du superflus.
Je suis arrivé les pieds endoloris, pleins d’ampoules mais la tête haute, j’étais fier de moi.
En revenant dans le train et surtout dans le métro les bruits sont redevenu insupportables, même avec les bouchons c’était crisant, j’étais mieux à marcher sur les petites routes de campagnes…

Je ne peux pas dire que j’ai changé radicalement de mode de vie j’ai toujours mangé sainement, luttant pour le végétarisme et l’équilibre alimentaire.
J’ai revendu ma batterie encore neuve pour me racheter un vélo. Celui qui me restais du temps ou j’en faisais en club était devenu trop petit pour moi.
Toujours en portant mes bouchons j’ai recommencé le vélo (rassurez-vous j’entends quand même les voitures, moins qu’avant (et heureusement, je ne le supporterais plus) mais je roule en toute sécurité). J’en fais toujours, je recherche les endroits calmes, la campagne.

Je suis resté ami avec les membres de mon ancien groupe mais j’avoue que lorsqu’il parlent un peu de musique j’ai la larme à l’œil, je n’aime pas parler de ça pourtant c’était ma passion.
Mes autres amis et bien je ne leur parlent plus puisque je ne parle plus musique avec eux on a plus grand chose en commun. Ma mère me comprend un peu car elle était gymnaste de haut niveau et suite à une triple fracture de la cheville elle a été contrainte d’arrêter, depuis elle jamais pu recourir et donc bien entendu fini le sport, c’était sa passion, elle était professeur de sport. Elle s’est réfugiée dans la musique en intégrant une chorale. Moi et bien j’ai fais un peu le contraire, tous deux forcés par le destin.
Mon père s’en fiche, comme il s’est toujours fichu de ses enfants mais ça c’est un autre sujet.
Et ma copine me supporte comme je suis, avec mon handicap. Je sais que je l’empêche de faire pas mal de chose, en tout cas avec moi, on ne va plus au cinéma ni à la patinoire mais elle sait que ce n’est pas vraiment de ma faute.

J’ai toujours fait attention à mes oreilles, en tant que musiciens c’était mon principal outils de travail et pourtant contrairement à la plupart de ceux que je connais et qui ne se protègent jamais je me retrouve avec cette hyperacousie qui a détruit m’a vie et qui continu à me rendre la vie impossible chaque jour. Et heureusement je me suis arrêté à tant car sinon je
n’aurais pu reprendre les quelques activités calmes que j’ai aujourd’hui et j’aurais continué à déprimer enfermé chez moi. »

Au sujet de l’hyperacousie

Posted by Nono | Posted in santé | Posted on 21-08-2010

Mots-clefs :, , ,

5

Certains témoignages publiés sur ce blog, à ma demande, ne sont en rien révélateurs de ce que vivent beaucoup d’hyperacousiques. Je pense en particulier au témoignage de Fabien à qui j’ai demandé de décrire son expérience après qu’il ait connu un avant goût de ce que nous subissons tous les jours. Il use en effet du vocabulaire habituel des psy-ORL, vocabulaire et schéma de pensée qu’il a lui même « contracté » en fréquentant le cabinet parisien d’une ORL dont le nom en allemand signifie « mangeuse d’oreilles ». Je tiens à préciser qu’à aucun moment, je n’ai influencé Fabien ; à peine lu ai-je demandé de témoigner pour « donner de l’espoir » selon l’expression consacrée ( ce qui constitue une manière d’influence, j’en conviens). Je connais Fabien pour avoir tenté de l’aider au début de son traumatisme sonore. Donc, cette histoire ne m’est pas totalement étrangère, et je peux vous assurer qu’elle est vraie (dans la mesure où, ni moi, ni Fabien, ne sommes au dernier degré de la mythomanie). Du reste, j’ai gardé contact avec lui et il viendra répondre aux questions qui se sont accumulées.
« Guéri de l’hyperacousie »
Pourquoi ce titre ? je m’explique. Je sais que cela doit en heurter plus d’un, en réjouir d’autres, et en faire espérer beaucoup. Mais, Je n’ai pas trouvé d’autre mot pour désigner le fait qu’un mal s’arrête brutalement, alors qu’il aurait pu perdurer pendant des années…
Secundo, beaucoup me demandent si je connais des cas de guérisons, à cette question je réponds que j’en connais au moins deux dont les témoignages se trouvent sur ce blog.
Cependant, j’émets certaines réserves. Je comprends que ce genre de témoignages ne peut aider les plus atteints d’entre nous. J’en ai moi même fait les frais récemment, on m’a discrètement fait sentir que je pouvais fournir faire quelques efforts pour m’en sortir…
Même avec tact et gentillesse, cette ignorance de ce que je peux vivre, m’agace prodigieusement. Donc je me suis mis à regretter d’avoir publier ce témoignage…
A vrai dire, l’expérience me fait me défier des certitudes. A savoir que je n’ai aucune sympathie particulière pour le camp des ORL « posivitistes », mais que je n’ai plus ce réflexe d’accabler ceux qui vont mieux ou de douter de leur parole, réflexe que j’ai longtemps eu alors que je ne voyais aucune amélioration possible pour moi. Attitude purement égoïste qui consiste à imaginer qu’il y a le camp de martyrs, et, de l’autre côté, celui des menteurs.
Nous savons qu’aucune hyperacousie n’est semblable à une autre, et qu’il est bien difficile de comparer la souffrance sans sombrer dans la vulgarité.
Récemment, un jeune idiot, traumatisé sonore de fraîche date, m’a demandé si j’avais songé au suicide. Alors qu’il m’en parlait sans aucune pudeur, je lui répondis que jamais je n’avais eu de tentation suicidaire. « Alors, tu n’es pas hyperacousique sévère » conclut-il du haut de ses 18 printemps. Je vous épargnerai les noms d’oiseaux qu’il reçut en retour…
Voilà, cette manière de petit tribunal médical est exaspérante. Je regrette que nous ne mettions pas le peu d’énergie dont nous disposons dans la création d’une association, capable de nous représenter, et de répondre aux interrogations des « nouveaux venus « .

Le risque de passer une IRM

Posted by Nono | Posted in prevention | Posted on 06-06-2010

Mots-clefs :, , , ,

50

L’IRM ou « imagerie par résonance magnétique » offre l’avantage d’obtenir une image médicale précise dans différents plans de coupe. Cependant, cette technique qui a fait progresser énormément le diagnostic médical du fait de sa précision, n’est pas sans risques pour l’audition. C’est ainsi l’on a pu constater des baisses d’audition significatives, de l’ordre de 1.84 décibels, chez les personnes ayant subi une IRM . Le Pr Radomski rapporta ces anomalies auditives au journal britannique « Lancet ». Il est à signaler que le port de protections auditives ne change rien à ces pertes auditives consécutives à un bruit qui oscille entre 90 dB et 120 dB pendant une demi-heure. On peut dès lors se poser la question de l’utilité de passer une IRM après avoir déjà subi un traumatisme sonore… Pourtant, l’examen est un passage obligé pour de nombreux patients, y compris quand ces derniers se plaignent d’hyperacousie aux ORL qui restent sourds…

merci à Lili pour l’info, source : Sante.fr

Congrès sur les acouphènes au ministère de la Santé

Posted by Nono | Posted in prevention, santé | Posted on 10-11-2009

Mots-clefs :, , , , , ,

0

A la demande générale, voici le programme du congrès sur les acouphènes qui aura lieu au ministère de la Santé et des Sports le Samedi 28 Novembre.

« Programme du 1er Congrès sur les Acouphènes

9h00 – 9h30 : Accueil des participants

9h30 – 9h40 : Ouverture du congrès
Par un représentant du Ministère de la Santé

9h 40 – 9h50 : Intervention de Mr Patrick Gohet, Président du CNCPH (Conseil National Consultatif des Personnes Handicapées)
9h50 – 10h05 : « Généralités sur les acouphènes »
Dr. Joël Waterkeyn ORL (Paris) définition, prévalence, âge d’apparition, classification – exposé de 15’

10h05 – 10h25 : « Notions d’anatomie et physiologie du système auditif »
Pr. Philippe Herman ORL (Lariboisière – Paris) – exposé de 20’

10h25 – 10h55 : « Les causes diverses des acouphènes »
Pr Bruno Frachet ORL (Avicenne – Bobigny) causes otologiques, causes générales – exposé de 30’

10h55 – 11h25 : « Les étapes du diagnostic »
Dr Hung Thai Van ORL (Edouard Herriot – Lyon) examen du patient, bilans biologique et audiologique, examens complémentaires, exploration et évaluation de l’acouphène – exposé de 30’

11h 25 – 12h00 : Echanges avec la salle.

12h à 13h30 : Pause repas

13h30 – 13h35 : « Traitements des acouphènes objectifs »
Pr. Philippe Herman ORL (Lariboisière – Paris) acouphènes d’oreille moyenne, boucles vasculaires, clonies… – exposé de 5’
Prises en charge des acouphènes subjectifs

13h35 – 14h00 : « Fondements : Hypothèses explicatives et leurs applications cliniques »
Arnaud Norena Chargé de Recherche (CNRS – Marseille) excitotoxicité du glutamate et applications cliniques, modèles d’acouphènes, applications – exposé de 25’

14h00 – 14h20 : Echanges avec la salle.

14h20 – 15h30 : «Les multiples prises en charge »
« Prise en charge médicamenteuse » Dr Bruno Pannetier ORL (Charles Nicolle – Rouen) exposé de 10’
« Prise en charge audioprothétique » Mr Eric Bizaguet Audioprothésiste – Paris exposé de 20’
« Thérapies cognitives et comportementales » Dr Badia Haddad Psychiatre – Lyon exposé de 10’
« Hypnose : de l’acouphène à l’oubliphène Dr Francis Gajan (Charles Nicolle – Rouen) exposé de 10’
« Sophrologie Mme Patricia Grévin (Paris) exposé de 10’
« Ostéopathie et Acupuncture Dr Martine Ohresser ORL (Paris) exposé de 10 ‘

15h30- 15h45 : Echanges avec la salle.

15h45 – 16h20 : Table ronde « La prise en charge en équipe multidisciplinaire »
« Introduction + carte des centres recensés » Association France Acouphènes exposé de 5’
Quelques exemples de fonctionnement :
« L’AERA » Dr Martine Ohresser ORL (Paris) exposé de 10’
« L’IMERTA » Dr Michel Paolino Exploration fonctionnelle (Marseille) exposé de 10’
« La consultation acouphènes à l’Hôpital Charles Nicolle de Rouen » Dr Bruno Pannetier ORL (Rouen) exposé de 10’.

16h20 – 16h50 : Echanges avec la salle.

16h50 – 17h00 : Présentation de France Acouphènes et Conclusion du congrès
par Mme Roselyne Nicolas (Présidente de France Acouphènes)

17h15 : Clôture du Congrès »

Phonophobie, peur du bruit

Posted by Nono | Posted in prevention | Posted on 31-10-2009

Mots-clefs :, , , , ,

7

La phonophobie est un maladie psychiatrique qui résulte d’une peur du bruit et d’une incapacité à y faire face. Si je parle de la phonophobie sur ce blog c’est bien parce qu’elle souvent confondue avec l’hyperacousie ou le recrutement dont nous donnerons une définition ultérieurement.

La phonophobie ne touche en aucune façon la sphère auditive, elle est absolument étrangère à toute forme de traumatisme sonore, et pourtant le mot est souvent évoqué dans la littérature ORL. A tel point que l’on peut se demander si la confusion n’est pas volontairement entretenue… Les définitions s’entrecroisent, les symptômes sont soit disant les mêmes. Or, la phonophobie n’a rien à voir avec l’hyperacousie. Je le concède, on peut développer une forme de phonophobie en étant hyperacousique. Quoi de plus normal quand le bruit agresse physiquement sans discontinuer. Cela étant, cette thèse de « la peur du bruit » propre à l’hyperacousique et au phonophobique sert à minimiser la gravité auditive purement physiologique de l’hyperacousie et ses répercussions psychologiques. C’est bel et bien le bruit qui entraîne une aggravation des symptômes auditifs avec pour conséquences le stress, la fatigue, l’agressivité et dans certains cas un état dépressif. Le tour de passe-passe consiste à utiliser le chapeau de la psychologie pour justifier la théorie inverse : l’état psychologique est la cause de l’hyperacousie. Le bruit a disparu, il n’est plus qu’une barrière à surmonter « psychologiquement ». Il suffit de vaincre sa peur du bruit par quelques exercices de relaxation, des antidépresseurs et une bonne dose d’optimisme.
Si cette thérapie offre des résultats positifs pour un patient atteint de phonophobie, il n’en va pas de même pour l’hyperacousique puisque cette pathologie se situe en dehors du champ psychiatrique.