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TEMOIGNAGE DE CHARLES, GUITARISTE DE METAL

Bonjour, je m’appelle Charles, j’ai 23 ans et je souffre d’hyperacousie sévère accompagnée d’acouphènes bilatéraux pulsatiles. A l’âge de 17 ans, je jouais intensément de la guitare électrique dans un groupe métal et j’assistais à de nombreux concerts. Suite...

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Pistes audios pour l’hyperacousie

Posted by Nono | Posted in prevention, santé | Posted on 04-07-2011

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« Salut,
Un message pour te féliciter pour ton blog pour deux raisons:
-> Il me permet de trouver des informations et des échanges constructifs.
-> Il ne diffuse de vision négative et dépressive de cette pathologie mais tente de la définir au mieux.

Pour ma part je suis/j’étais Musicien Pro, prof de batterie mais également guitariste chanteur j’ai effectué plus de 250 concerts en dix ans avec toujours des bouchons ou casques anti-bruits.

Il ya trois mois j’ai subit une sorte de traumatisme malgré mes protections lors d’un weekend de bals (8h de jeux sur le weekend).

Mes soucis ne sont pas venus directement mais une semaine après.

Sensations « habituels » chez les hyperacousique: Oreilles dans le cotons, bouchés, difficulté à supporter les bruits aigus, environnants….

Après une bonne période de dépression j’ai testé différentes médecines parallèles: Hypnose, Étiopathie, Ostéopathie.

Suite à ces expériences il est clair que la médecine n’est pas une science exact.

A l’instar d’une bonne terre de jardin qui a été travaillé en amont, le corps doit être prêt à recevoir un enseignement, à évoluer (je pense notamment à l’hypnose).

Puis j’ai eu l’idée de travailler sur la piste de mes dents et je me suffit fais retirer mes dents de sagesses.
Et là miracle en 3 semaines mes douleurs incessantes de type otites ont disparues, plus de mal de crane sur les tempes.

3 mois après ce changement radical de vie, j’ai toujours mes acouphènes qui augmentent selon ma fatigue et de l’hyperacousie. Toutefois cela reste « vivable », j’ai par contre fais une croix purement et définitivement sur ce pourquoi j’avais donné 10 ans de ma vie…

Après différents tests, audiogrammes etc… J’ai l’impression d’après mes recherches perso qu’il existe deux catégories de trauma auditif.

1. Le premier est le plus souvent celui des musiciens, personnes travaillant dans des radios, studios, ayant en continue des spectres sonores complet à l’oreille.
Cette première catégorie de personne sont atteinte d’acouphène de type « bruit de fond » avec un audiogrammes plat et d’une hyperacousie assez présente.

2. La seconde catégorie de personnes sont le plus souvent issues de l’industrie.
Ils ont une perte significative au niveau de l’oreille avec un acouphène très présent sous la forme d’une fréquence définit.

Comment je suis arriver à cette comparaison?
Musicien j’ai la chance de connaître un tas de personnes dans le métier ayant une activité importante face à des niveaux sonores significatifs et j’ai pu contacter (dès mon trauma et durant ma période dépressive) des musiciens de tous bords, tous horizons, tous styles, tous instruments.

J’ai notamment rencontré une contrebassiste de jazz qui avait de gros soucis d’hyperacousie malgré la faible exposition sonore de son instrument.

Un chanteur très connu qui passe à la tv, qui lui ne supporte plus de son à plus de 80 db lui donnant des décharges dans les tympans avec inflammation de ces derniers.

Tout cela pour dire qu’une hyperacousie commune n’existe pas, mais que globalement des similitudes se dessinent.

J’ai d’ailleurs toujours des interrogations comme:
Pourquoi ai-je des difficultés à supporter des sons impulsionnels de ma batterie électronique?

Alors que le son continue de mon tracteur tondeuse ne me dérange pas, alors que ce dernier est plus fort?

Je pense donc que pour toute hyperacousie, une rééducation du cerveau est possible.
Il faut réussir à effacer les situations de stresse auditive et l’hypnose est une voie vers cela.

Désolé pour ce monologue sans fin, mais j’espère qu’il aura ouvert des voies possibles aux éventuels lecteurs.

Je ne parle pas ici de la relation Psychanalyse/Troubles Auditifs, mais je pense qu’il sont fondamentales et j’aurai de quoi en écrire des pages.

Merci.
S. »

Niveau sonore au cinéma : appel à témoins

Posted by Nono | Posted in prevention, santé | Posted on 26-05-2011

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La revue 60 millions de consommateurs enquête sur les niveaux sonores excessifs dans les cinémas.
Nous avions déjà évoqué ce sujet ici-même. L’enquête paraîtra au mois d’octobre. Il serait toutefois nécessaire d’obtenir le témoignage de personnes dont l’audition aurait été lésée après une séance trop amplifiée. Nous sommes nombreux à avoir constaté une aggravation des acouphènes à cause d’un UGC peu respectueux des normes sonores. Qui serait volontaire pour témoigner ?

Je reprends les termes de ma sympathique correspondante :

« Je suis journaliste pigiste et je prépare actuellement une enquête pour le magazine 60 Millions de consommateurs sur le niveau sonore dans les salles. On cherche, dans un premier temps, à pointer des salles en France qui poussent systématiquement le son. Il y a, sur votre blog, le témoignage de Peretxiko. Serait-il possible, par votre intermédiaire, d’avoir son mail ou que vous lui en envoyer un pour savoir précisément de quelle salle UGC il parle?
Sinon, tout autre témoignage/indications/informations/contacts sur ce sujet m’intéresse ! ».

Au sujet de l’hyperacousie

Posted by Nono | Posted in santé | Posted on 21-08-2010

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Certains témoignages publiés sur ce blog, à ma demande, ne sont en rien révélateurs de ce que vivent beaucoup d’hyperacousiques. Je pense en particulier au témoignage de Fabien à qui j’ai demandé de décrire son expérience après qu’il ait connu un avant goût de ce que nous subissons tous les jours. Il use en effet du vocabulaire habituel des psy-ORL, vocabulaire et schéma de pensée qu’il a lui même « contracté » en fréquentant le cabinet parisien d’une ORL dont le nom en allemand signifie « mangeuse d’oreilles ». Je tiens à préciser qu’à aucun moment, je n’ai influencé Fabien ; à peine lu ai-je demandé de témoigner pour « donner de l’espoir » selon l’expression consacrée ( ce qui constitue une manière d’influence, j’en conviens). Je connais Fabien pour avoir tenté de l’aider au début de son traumatisme sonore. Donc, cette histoire ne m’est pas totalement étrangère, et je peux vous assurer qu’elle est vraie (dans la mesure où, ni moi, ni Fabien, ne sommes au dernier degré de la mythomanie). Du reste, j’ai gardé contact avec lui et il viendra répondre aux questions qui se sont accumulées.
« Guéri de l’hyperacousie »
Pourquoi ce titre ? je m’explique. Je sais que cela doit en heurter plus d’un, en réjouir d’autres, et en faire espérer beaucoup. Mais, Je n’ai pas trouvé d’autre mot pour désigner le fait qu’un mal s’arrête brutalement, alors qu’il aurait pu perdurer pendant des années…
Secundo, beaucoup me demandent si je connais des cas de guérisons, à cette question je réponds que j’en connais au moins deux dont les témoignages se trouvent sur ce blog.
Cependant, j’émets certaines réserves. Je comprends que ce genre de témoignages ne peut aider les plus atteints d’entre nous. J’en ai moi même fait les frais récemment, on m’a discrètement fait sentir que je pouvais fournir faire quelques efforts pour m’en sortir…
Même avec tact et gentillesse, cette ignorance de ce que je peux vivre, m’agace prodigieusement. Donc je me suis mis à regretter d’avoir publier ce témoignage…
A vrai dire, l’expérience me fait me défier des certitudes. A savoir que je n’ai aucune sympathie particulière pour le camp des ORL « posivitistes », mais que je n’ai plus ce réflexe d’accabler ceux qui vont mieux ou de douter de leur parole, réflexe que j’ai longtemps eu alors que je ne voyais aucune amélioration possible pour moi. Attitude purement égoïste qui consiste à imaginer qu’il y a le camp de martyrs, et, de l’autre côté, celui des menteurs.
Nous savons qu’aucune hyperacousie n’est semblable à une autre, et qu’il est bien difficile de comparer la souffrance sans sombrer dans la vulgarité.
Récemment, un jeune idiot, traumatisé sonore de fraîche date, m’a demandé si j’avais songé au suicide. Alors qu’il m’en parlait sans aucune pudeur, je lui répondis que jamais je n’avais eu de tentation suicidaire. « Alors, tu n’es pas hyperacousique sévère » conclut-il du haut de ses 18 printemps. Je vous épargnerai les noms d’oiseaux qu’il reçut en retour…
Voilà, cette manière de petit tribunal médical est exaspérante. Je regrette que nous ne mettions pas le peu d’énergie dont nous disposons dans la création d’une association, capable de nous représenter, et de répondre aux interrogations des « nouveaux venus « .

Techno : des sifflements en trop pour des raves en moins

Posted by Nono | Posted in prevention, santé | Posted on 01-04-2010

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Je m’appelle Fabrice j’ai 28 ans, j’habite Montpellier et j’ai subi plusieurs traumatismes sonores dont un m’a laissé une trace indélébile. Comme beaucoup, je vis avec des acouphènes dans les deux oreilles et je ressens une légère hyperacousie surtout pour les bruits de vaisselle
C’était l’année dernière, trois jours en septembre, je participais à une free à La Grande Motte, je venais d’en faire 3 ou 4 d’affilée, et d’un coup j’ai senti que mon oreille gauche sifflait beaucoup plus fort que d’habitude. Faut dire que j’avais pris des trucs avant… Je suis resté une heure pas loin du mur de son (3, 4 mètres). C’était un gros mur 50/ 60 kw qui me faisait vibrer le ventre. On passait de tout : de la breakbeat, dubstep, electro tribe hardcore (le pire je crois…) Après, j’ai pas pu tenir. J’ai dis à ma copine « on s’en va ».
Dans le camping car, au retour, c’est limite si j’entendais le bruit du moteur tellement ça sifflait fort et l’oreille droite aussi.
Comme j’étais au courant des problèmes auditifs, j’ai pris rendez-vous chez un spécialiste le lendemain, j’ai insisté pour avoir le traitement d’urgence corticoïdes, vastarel. Mais il n’a rien voulu savoir et m’a même un peu méprisé. J’ai juste eu du déroxat, un antidépresseur pour me calmer et du lysanxya mais j’ai ressenti des effets secondaires et j’ai abandonné le traitement… Au bout d’une semaine je tenais plus, j’ai rappelé l’ORL qui m’a dit qu’il pouvait rien faire de mieux, qu’il fallait patienter.
Une semaine se passe et là je commence à flipper, entre l’insomnie et les acouphènes, j’étais à bout de nerfs.
Finalement une amie arrive à me convaincre de changer d’ORL, je suis allé à Lyon voir un bon spécialiste ORL qui m’a proposer de me réhabituer avec un appareillage.
Un an après j’ai plus d’hyperacousie et et les acouphènes sont restés assez fort pour me gâcher la vie. Heureusement je peux compter sur ma famille et ma copine qui m’aident beaucoup.
Je ne peux plus sortir de chez moi seulement dans un supermarché où y’a pas de musique… Ben oui, je ne peux plus écouter de musique et ça me manque. Une chose est sûre : je ne retournerai plus jamais en rave, ça m’aura servi de leçon, mais trop tard…
Alors les mecs, faite gaffe à vos oreilles en rave party…
Je tenais à témoigner sur ce blog même si je trouve le ton de Nono parfois limite, il a le mérite de faire de la vraie prévention et c’est utile surtout dans notre milieu.

Fabrice.

Le batteur de Metallica Lars Ulrich fait son coming out

Posted by Nono | Posted in prevention | Posted on 05-01-2010

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Lars Ulrich, le batteur de Metallica a accordé une interview à CNN dans laquelle il fait son coming out. Ne vous attendez pas à des révélations très intimes puisqu’il avoue, à travers témoignage , être victime d’acouphènes … Rien de nouveau sous le soleil si ce n’est, encore et toujours, cette nécessité impérieuse pour les rockeurs ou les ORL de nier l’aspect physiologique de l’acouphène.
Par ailleurs, Lars Ulrich fait totalement abstraction des milliers de traumatismes auditifs qu’il a provoqué durant sa longue carrière de batteur métallique. On a l’impression assez désagréable qu’il lui suffit d’utiliser des bouchons d’oreilles pour être totalement protégé (vision totalement fausse et dangereuse) tandis qu’il inflige à son public des niveaux de décibels records
le lien de l’interview :
http://www.cnn.com/2009/HEALTH/12/28/tinnitus.metallica.drummer/

Témoignage sur les acouphènes et l’hyperacousie/ Ouest France-3

Posted by Nono | Posted in prevention | Posted on 28-11-2009

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Enfin ! Nous constatons à l’occasion du congrès sur les acouphènes une micro-médiatisation de bonne augure. Pour l’instant, aucun ORL adepte de la dédramatisation à tous crins n’est venu ravaler les malades au rang de geignards souffreteux. Rappelons-nous des multiples émissions de France 5 et apprécions la différence notable de traitement dont nous faisons l’objet.
C’est au tour de Sébastien de témoigner dans le Ouest-France d’aujourd’hui : 2009 11 28 1524377 Témoignage sur les acouphènes et lhyperacousie/ Ouest France 3
Hier, malgré la confusion acouphènes/ hyperacousie, Élisabeth parlait de son calvaire au 19/20, sur France 3 .

Hyperacousie sévère

Posted by Nono | Posted in prevention | Posted on 30-09-2009

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Témoignage de Charles,

A 17 ans j’ai commencé à avoir des acouphènes suite à des traumatismes répétés (je jouais de la guitare électrique dans un groupe de métal) puis petit à petit j’ai développé une hyperacousie légère qui s’est dégradée au fil du temps pour devenir sévère environ vers 23 ans. Mais cela s’est fait très progressivement, sans que j’aie eu de nouveaux gros traumatismes , puisque j’ai arrêté la guitare vers 21 ans. J’ai suivi une TRT (rééducation des oreilles par un bruit blanc) à 21 ans et sur les conseils de l’audioprothésiste, je ne me suis pas protégé dans la rue, malgré les douleurs que je ressentais. Aujourd’hui je m’en mords les doigts car mon hyperacousie s’est aggravée considérablement à cause des bruits de circulation. L’école de cinéma que j’ai fini dans la douleur à 24 ans n’a pas arrangé les choses, entre tournages bruyants et montages vidéos usants. J’ai dû arrêter le montage au bout de 6 mois car les céphalées, douleurs aigües et pressions dans les oreilles devenaient insupportables.
Aujourd’hui je vivote en essayant de souffrir le moins possible, et j’ai abandonné toutes mes passions : guitare (même acoustique), cinéma, sport. Je ne supporte plus le moindre son amplifié. Je ne sors presque plus de chez moi car je deviens extrêmement fatigué lorsque je sors dans la rue avec mes bouchons, et les nombreuses sirènes d’ambulances et de voitures de police (j’habite à Bruxelles) me vrillent les oreilles malgré les bouchons.
Je ne peux survivre que grâce au soutien de ma compagne très compréhensive et de mes parents qui me versent une pension. Je n’ai pas d’allocation handicap alors que je ne peux plus rien faire de ma vie. Seul le rivotril m’apporte un minimum de soulagement et me permet de dormir le soir. Quant à mon avenir… j’attends que la science trouve une solution mais dans combien de temps?

Charles

La soirée s’éternise

Posted by Nono | Posted in prevention | Posted on 10-06-2009

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-Le rock est la musique du système, il réclame l’adhésion des masses consuméristes. La provocation adolescente, le cynisme, et l’autodestruction, comme philosophie ça va pas bien loin ! lançais-je pour retendre l’atmosphère pendant que les hirsutes guitaristes décidaient de faire une pause volvic… Laurence me lança alors un regard assassin de fanatique occidentale, elle prit à partie l’archétype même de ce qu’il est convenu d’appeler aujourd’hui « un bobo ». Alors, surgit de la foule de ses congénères, un type à la défroque élimée, au regard délavé à la machine de l’ennui dépressif. C’était l’homme providentiel pour me clouer le bec, son air infatué laissait présager un long discours pompeux sur l’histoire du rock depuis Fats Domino… Il vida d’un trait son verre, tira une bouffée de cigarette intelligente, et, à la surprise générale, abonda dans mon sens. Si lui le disait, alors c’était vrai ! Un producteur de labels indépendants représente une autorité morale incontestable dans ce petit monde où l’apparence et la fonction (aussi minable soit-elle) comptent bien plus que l’être. La lâcheté, la paresse intellectuelle ou l’excès de toxines diverses avaient dû commander à son cerveau ne ne pas trop se surmener en démonstrations périlleuses. Tous s’écartèrent de l’immonde fasciste que j’étais désormais, le paria chutiste qui avait osé remettre en cause leur musique, celle qui les poussait à consommer frénétiquement, la musique rebelle de toutes les pubs… La musique de l’éternelle jeunesse révoltée.
Les prêtres en jean reprirent alors beaucoup plus fort leur sacrifice auditif, comme pour me punir d’avoir blasphémé les dieux en cuir. Je décidais à la hâte de sortir sur la passerelle afin de respirer l’air tout aussi puant du dehors. J’avais le mal de mer… Je tanguais de fatigue. Les cris de mouettes de la guitare électrique me poursuivaient et la batterie s’était soudain transformée en paquebot… Un naufrage intérieur venait de me retourner l’âme sur le pillig d’une platine disques. Je plongeais mon regard dans l’encrier de la Seine pour continuer ce récit au prochain chapitre, c’est à dire : Ici

Un soir d’hiver à la guinguette Pirate

Posted by Nono | Posted in prevention | Posted on 09-06-2009

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Oui c’était l’hiver, je crois, car je portais une affreuse doudoune noire dont l’unique utilité était de me protéger du froid parisien. Laurence m’appela, elle habitait rue du dessert des bourges, la rue juste en face de la rue de Pâté.
J’aimais bien cette hypocrite bourgeoise (pléonasme) qui avait remarqué l’intérêt que je lui portais. Elle en faisait des tonnes, soufflant le chaud et le froid, comme elles savent si bien faire pour activer le foyer du désir et l’étouffer brutalement dans un rictus de satisfaction… Ce soir là, le téléphone retentit dans la cuisine avec des accents funèbres, un « dring » qui aurait dû me mettre la puce électronique à l’oreille. Elle ne disait jamais « allo », gardait une silence pesant durant cinq secondes, envoyait brutalement « c’est Laurence ! ». Un moyen de désarçonner l’interlocuteur, une ruse de siou adolescente dont je n’étais pas dupe.
- Y’a un concert de rock ce soir à la Guinguette Pirate, ça te dit?
Que n’aurais-je accepté pour revoir ce sourire carnassier et cette blanche nuque patricienne aux grains de beauté géométriquement sensuels comme les points des dominos !…
-Allons-y ! dis-je d’une voix que je voulais assurée.
Direction Quai de Bercy, arrêt guinguette Pirate.
La pont de Tolbiac vibre déjà, pilonné par la batterie tellurique, un dernier coup de semonce avant la pause, et nous rentrons dans cette péniche du diable qui décidera de mon destin. L’embarcation est d’un rouge vif comme des lèvres maquillées ondulant à la surface du fleuve obscure.
La lumière des spots se reflète sur la Seine tels de petits bûchers dans le nuit. Enfin, l’air électrique pénètre les poumons et refroidit l’échine en même temps qu’il se disperse en mille et un fourmillements à travers le corps. Cette fois, la fourche du son entame son travail de pique auditive. C’est parti… Le premier accord de guitare électrique commence par un larsen, mais rien ne décourage le groupe miteux dont le chanteur se prend pour le frère caché de Migg Jagger. Tous font des mouvements de tête hystériques. Je me rends compte que je suis pris en étau entre deux amplis. Les forgerons sans ouvrage martèlent le fer de nos têtes déjà bien cabossées par l’alcool. Devant nous, se succèdent en effet, sur des tables en bois, des verres de bière en plastique dont le houblon ne fait pas oublier l’infâme arrière-goût de pisse. Laurence se tient à côté de moi, sur un banc interminable où les paires de fesses des bourgeois s’alignent vulgairement comme les têtes du cimetière des innocents… Nous hurlons pour nous comprendre ; la gorge brûlée par tant d’efforts vains, nous finissons par adopter la langue des signes ponctuée de monosyllabes et de borborygmes maltés.
-Hein ? oui, non, aime pas ! J’AIME PAS, JE TE DIS !…

La suite par ici

Le coup de klaxon fatal

Posted by Nono | Posted in prevention, santé | Posted on 23-05-2009

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Pascale a subi un traumatisme sonore sur son lieu de travail : une barrière de péage.
Un routier maladroit a appuyé sur le klaxon de son bahut… Elle se retrouve du jour au lendemain atteinte d’hyperacousie et d’acouphènes. Son ancien employeur, Vinci ( le mastodonte des autoroutes) n’avait prévu aucunes protections auditives pour le personnel. Les crissements de freins continuels et les coups de klaxons doivent user la cochlée par vagues successives de décibels. J’apprends que les klaxons sont limités à 65 dB, les blaireaux de tous poils ne doivent pas se gêner pour s’en procurer à 165 dB sur internet… Le quotidien de Pascale nous est familier, presque banal, pourtant on ne peut réprimer un légitime sentiment de révolte face aux réactions des patrons, des familles, des ORL.

« Avez-vous été consulter un médecin ? Si oui, que vous a-t-il diagnostiqué ? Si non, pourquoi n’y avez-vous pas été ? Oui, l’oreille interne est atteinte. J’entends, 24h/24 trois choses : « un bruit de moteur  » en résonance dans la boite crânienne au dessus de la nuque. Un bourdonnement dans le fond de l’oreille et un sifflement à l’entrée de celle-ci lorsque les fréquences sont élévées (en cuisinant, devant ma plaque à induction… ). Je souffre d’hyperacousie : tous les sons quotidiens me font souffrir : aspirateur, sèche cheveux, le chant des oiseaux, la télé, le frigo, l’aquarium, le moteur de l’ordinateur, le téléphone…
Diagnostique : la cochlé de touchée : rien à y faire !
« 
Un bruit de moteur dans la tête