Posted by Nono | Posted in prevention, santé | Posted on 11-10-2010
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Un lecteur me fait penser que je n’ai pas encore publié la durée d’exposition maximale au bruit avant de risquer un traumatisme auditif .
La moyenne légale admise est de 105 dB (décibels) pour les concerts. Je me rends compte qu’il est absolument impossible, pour une personne à l’audition normale, de respecter cette durée d’exposition, à moins de devenir totalement paranoïaque. Voici une échelle du bruit , suivie des limites d’exposition au bruit.
180 dB Décollage d’une fusée
150 dB Armes à feu
140 dB Moteur d’avion au décollage
130 dB Marteau piqueur
120 dB Sirène d’ambulance, concert de rock
110 dB moto à l’accélération
100 dB Tronçonneuse, passage de train
90 dB Tondeuse à gazon, machine outils
80 dB Circulation automobile, baladeur
75 dB Robots ménagers
70 dB Restaurant bondé
65 dB Conversation animée
Temps d’exposition au bruit
85 dB 8 heures
88 dB 4 heures
91 dB 2 heures
94 dB 1 heure
97 dB 30 minutes
100 dB 15 minutes
103 dB 7 minutes et 30 secondes
106 dB 3 minutes et 45 secondes
109 dB 1 minutes et 52 secondes
112 dB 56 secondes
115 dB 28 secondes
118 dB 14 secondes
121 dB 7 secondes
Une durée d’exposition très courte suffit souvent à entrainer un traumatisme auditif.
Quelques secondes, sans protection et les acouphènes s’installent pour une vie…
Le son peut être dangereux à partir de 85 décibels, d’où la nécessité de se munir de protections auditives pour les travaux bruyants.
En ce qui concerne les concerts, il est mieux de se protéger certes, mais il n’est malheureusement par rare de subir un traumatisme auditif par conduction osseuse. Qui plus est, les organisateurs de concerts font porter les responsabilité des traumatismes sonores aux spectateurs qui ne se seraient pas protégés, alors qu’il serait bien plus facile de baisser le son.
On voit donc l’absurdité de la situation, qui fait qu’un spectateur est obligé de se protéger dans un concert (quel plaisir !…) alors que le simple respect de la réglementation permettrait d’assister à un concert en toute sérénité.
L’épée de Damoclès, qui plane au dessus des têtes, est forgée par les marchands de loisirs sonores. Rien ni personne ne leur interdit de baisser le volume des amplis. Il s’agit juste de gros sous et de mise aux normes des petites salles de concerts de rock indépendant qui n’ont pas les moyens de s’adapter à une réglementation plus stricte. Aussi font-ils tout pour culpabiliser le spectateur, quitte à employer une rhétorique de prévention douillette assez opposée à l’image du rock…
Posted by Nono | Posted in santé | Posted on 21-08-2010
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Certains témoignages publiés sur ce blog, à ma demande, ne sont en rien révélateurs de ce que vivent beaucoup d’hyperacousiques. Je pense en particulier au témoignage de Fabien à qui j’ai demandé de décrire son expérience après qu’il ait connu un avant goût de ce que nous subissons tous les jours. Il use en effet du vocabulaire habituel des psy-ORL, vocabulaire et schéma de pensée qu’il a lui même « contracté » en fréquentant le cabinet parisien d’une ORL dont le nom en allemand signifie « mangeuse d’oreilles ». Je tiens à préciser qu’à aucun moment, je n’ai influencé Fabien ; à peine lu ai-je demandé de témoigner pour « donner de l’espoir » selon l’expression consacrée ( ce qui constitue une manière d’influence, j’en conviens). Je connais Fabien pour avoir tenté de l’aider au début de son traumatisme sonore. Donc, cette histoire ne m’est pas totalement étrangère, et je peux vous assurer qu’elle est vraie (dans la mesure où, ni moi, ni Fabien, ne sommes au dernier degré de la mythomanie). Du reste, j’ai gardé contact avec lui et il viendra répondre aux questions qui se sont accumulées.
« Guéri de l’hyperacousie »
Pourquoi ce titre ? je m’explique. Je sais que cela doit en heurter plus d’un, en réjouir d’autres, et en faire espérer beaucoup. Mais, Je n’ai pas trouvé d’autre mot pour désigner le fait qu’un mal s’arrête brutalement, alors qu’il aurait pu perdurer pendant des années…
Secundo, beaucoup me demandent si je connais des cas de guérisons, à cette question je réponds que j’en connais au moins deux dont les témoignages se trouvent sur ce blog.
Cependant, j’émets certaines réserves. Je comprends que ce genre de témoignages ne peut aider les plus atteints d’entre nous. J’en ai moi même fait les frais récemment, on m’a discrètement fait sentir que je pouvais fournir faire quelques efforts pour m’en sortir…
Même avec tact et gentillesse, cette ignorance de ce que je peux vivre, m’agace prodigieusement. Donc je me suis mis à regretter d’avoir publier ce témoignage…
A vrai dire, l’expérience me fait me défier des certitudes. A savoir que je n’ai aucune sympathie particulière pour le camp des ORL « posivitistes », mais que je n’ai plus ce réflexe d’accabler ceux qui vont mieux ou de douter de leur parole, réflexe que j’ai longtemps eu alors que je ne voyais aucune amélioration possible pour moi. Attitude purement égoïste qui consiste à imaginer qu’il y a le camp de martyrs, et, de l’autre côté, celui des menteurs.
Nous savons qu’aucune hyperacousie n’est semblable à une autre, et qu’il est bien difficile de comparer la souffrance sans sombrer dans la vulgarité.
Récemment, un jeune idiot, traumatisé sonore de fraîche date, m’a demandé si j’avais songé au suicide. Alors qu’il m’en parlait sans aucune pudeur, je lui répondis que jamais je n’avais eu de tentation suicidaire. « Alors, tu n’es pas hyperacousique sévère » conclut-il du haut de ses 18 printemps. Je vous épargnerai les noms d’oiseaux qu’il reçut en retour…
Voilà, cette manière de petit tribunal médical est exaspérante. Je regrette que nous ne mettions pas le peu d’énergie dont nous disposons dans la création d’une association, capable de nous représenter, et de répondre aux interrogations des « nouveaux venus « .
Posted by Nono | Posted in prevention, santé | Posted on 01-06-2010
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Aude est remontée contre les concerts où le son est trop fort. Elle nous en fait part dans ce billet d’humeur plutôt bien documenté.
Une sorte d’appel à la résistance contre les collabos du bruit. Les groupes de garage miteux, les ingénieurs du son piercés, les faux rebelles des beaux quartiers, chacun ajoute quelques décibels dans le verre de nos oreilles qui trinquent. A votre santé !…
« Depuis plusieurs années, les médias parlent de plus en plus des gens qui développent des acouphènes ou perdent de l’audition suite à une exposition à un niveau sonore élevé.
On sait qu’au-delà de 90 ou 100 dB, le tympan souffre, et les cellules ciliées de l’oreille interne peuvent subir des dommages irréversibles. Contrairement aux autres, elles ne se renouvellent pas et sont peu nombreuses. »
La suite à lire sur le le blog d’Aude.
Posted by Nono | Posted in prevention, santé | Posted on 01-04-2010
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Je m’appelle Fabrice j’ai 28 ans, j’habite Montpellier et j’ai subi plusieurs traumatismes sonores dont un m’a laissé une trace indélébile. Comme beaucoup, je vis avec des acouphènes dans les deux oreilles et je ressens une légère hyperacousie surtout pour les bruits de vaisselle…
C’était l’année dernière, trois jours en septembre, je participais à une free à La Grande Motte, je venais d’en faire 3 ou 4 d’affilée, et d’un coup j’ai senti que mon oreille gauche sifflait beaucoup plus fort que d’habitude. Faut dire que j’avais pris des trucs avant… Je suis resté une heure pas loin du mur de son (3, 4 mètres). C’était un gros mur 50/ 60 kw qui me faisait vibrer le ventre. On passait de tout : de la breakbeat, dubstep, electro tribe hardcore (le pire je crois…) Après, j’ai pas pu tenir. J’ai dis à ma copine « on s’en va ».
Dans le camping car, au retour, c’est limite si j’entendais le bruit du moteur tellement ça sifflait fort et l’oreille droite aussi.
Comme j’étais au courant des problèmes auditifs, j’ai pris rendez-vous chez un spécialiste le lendemain, j’ai insisté pour avoir le traitement d’urgence corticoïdes, vastarel. Mais il n’a rien voulu savoir et m’a même un peu méprisé. J’ai juste eu du déroxat, un antidépresseur pour me calmer et du lysanxya mais j’ai ressenti des effets secondaires et j’ai abandonné le traitement… Au bout d’une semaine je tenais plus, j’ai rappelé l’ORL qui m’a dit qu’il pouvait rien faire de mieux, qu’il fallait patienter.
Une semaine se passe et là je commence à flipper, entre l’insomnie et les acouphènes, j’étais à bout de nerfs.
Finalement une amie arrive à me convaincre de changer d’ORL, je suis allé à Lyon voir un bon spécialiste ORL qui m’a proposer de me réhabituer avec un appareillage.
Un an après j’ai plus d’hyperacousie et et les acouphènes sont restés assez fort pour me gâcher la vie. Heureusement je peux compter sur ma famille et ma copine qui m’aident beaucoup.
Je ne peux plus sortir de chez moi seulement dans un supermarché où y’a pas de musique… Ben oui, je ne peux plus écouter de musique et ça me manque. Une chose est sûre : je ne retournerai plus jamais en rave, ça m’aura servi de leçon, mais trop tard…
Alors les mecs, faite gaffe à vos oreilles en rave party…
Je tenais à témoigner sur ce blog même si je trouve le ton de Nono parfois limite, il a le mérite de faire de la vraie prévention et c’est utile surtout dans notre milieu.
Fabrice.
Posted by Nono | Posted in prevention, santé | Posted on 12-02-2010
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John Illsley souffre d’acouphènes après un traumatisme sonore qu’il a subi en sortant d’un concert à la RDS Arena de Dublin. Le solo de Mark Knopfler sur Money for Nothing résonna ce soir là étrangement aux oreilles de John Illsley qui commença à percevoir les premiers sifflements d’oreilles.
Après avoir joué pendant des années à des niveaux de décibels records , le bassiste de dire straits a senti son audition baisser considérablement. Qui plus est, il souffre d’hyperacousie basses fréquences.
En ayant plus de succès, on pouvait s’ offrir du meilleur matos et on pouvait mieux gérer nous-même le son sur la scène, mais les sifflements eux restaient. Jouer dans des stades de 50.000 personnes années après années, c’ était pour moi, mon boulot.
‘Au début, nos sound systems étaient très primitifs’ se rappelle-t-il. ‘Vous aviez les speakers face au public et un moniteur dirigé vers la scène pour chaque membre du groupe afin que chaque musicien puisse entendre le son mixé. Il n’ y avait pas de lois contre les décibels à cette époque, alors, nous quattre, Mark et David Knopfler et notre batteur, Pick Withers, on mettaient nos moniteurs à fond, comme tous les autres groupes que nous cottoyions à l’ époque. Le mien je mettais le volume au max parce que je ne voulais pas être noyé par la batterie.
la suite : http://www.audilo.com/blog/2010/02/celebrite-acouphenes-john-illsley-de-dire-straits/
On peut légitimement se demander si les choses ont vraiment évolué dans le bon sens, étant donné le nombre accru de jeunes traumatisés sonores…
Posted by Nono | Posted in prevention | Posted on 05-01-2010
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Lars Ulrich, le batteur de Metallica a accordé une interview à CNN dans laquelle il fait son coming out. Ne vous attendez pas à des révélations très intimes puisqu’il avoue, à travers témoignage , être victime d’acouphènes … Rien de nouveau sous le soleil si ce n’est, encore et toujours, cette nécessité impérieuse pour les rockeurs ou les ORL de nier l’aspect physiologique de l’acouphène.
Par ailleurs, Lars Ulrich fait totalement abstraction des milliers de traumatismes auditifs qu’il a provoqué durant sa longue carrière de batteur métallique. On a l’impression assez désagréable qu’il lui suffit d’utiliser des bouchons d’oreilles pour être totalement protégé (vision totalement fausse et dangereuse) tandis qu’il inflige à son public des niveaux de décibels records …
le lien de l’interview :
http://www.cnn.com/2009/HEALTH/12/28/tinnitus.metallica.drummer/
Posted by Nono | Posted in prevention | Posted on 03-12-2009
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La liste est bien évidemment non-exhaustive, comme nous le savons les causes des acouphènes sont nombreuses et difficiles à diagnostiquer.
voici les causes les plus fréquentes identifiées :
-Les traumatismes sonores (MP3, concerts de rock, boîtes de nuit, rave, armes à feu, pétards etc. etc.)
- L’hypertension artérielle
-Les problèmes de circulation sanguine (notamment au niveau des cervicales)
-Les médicaments toxiques ainsi que les drogues
-La dépression
- La maladie de ménière
-La malocclusion dentaire
-la surdité brusque
-les problèmes digestifs
-Les bouchons de cérumen
-Le neurinome de l’acoustique
-Le barotraumatisme (plongée, altitude)
-Les otites séreuses
Posted by Nono | Posted in prevention | Posted on 31-10-2009
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La phonophobie est un maladie psychiatrique qui résulte d’une peur du bruit et d’une incapacité à y faire face. Si je parle de la phonophobie sur ce blog c’est bien parce qu’elle souvent confondue avec l’hyperacousie ou le recrutement dont nous donnerons une définition ultérieurement.
La phonophobie ne touche en aucune façon la sphère auditive, elle est absolument étrangère à toute forme de traumatisme sonore, et pourtant le mot est souvent évoqué dans la littérature ORL. A tel point que l’on peut se demander si la confusion n’est pas volontairement entretenue… Les définitions s’entrecroisent, les symptômes sont soit disant les mêmes. Or, la phonophobie n’a rien à voir avec l’hyperacousie. Je le concède, on peut développer une forme de phonophobie en étant hyperacousique. Quoi de plus normal quand le bruit agresse physiquement sans discontinuer. Cela étant, cette thèse de « la peur du bruit » propre à l’hyperacousique et au phonophobique sert à minimiser la gravité auditive purement physiologique de l’hyperacousie et ses répercussions psychologiques. C’est bel et bien le bruit qui entraîne une aggravation des symptômes auditifs avec pour conséquences le stress, la fatigue, l’agressivité et dans certains cas un état dépressif. Le tour de passe-passe consiste à utiliser le chapeau de la psychologie pour justifier la théorie inverse : l’état psychologique est la cause de l’hyperacousie. Le bruit a disparu, il n’est plus qu’une barrière à surmonter « psychologiquement ». Il suffit de vaincre sa peur du bruit par quelques exercices de relaxation, des antidépresseurs et une bonne dose d’optimisme.
Si cette thérapie offre des résultats positifs pour un patient atteint de phonophobie, il n’en va pas de même pour l’hyperacousique puisque cette pathologie se situe en dehors du champ psychiatrique.
Posted by Nono | Posted in prevention | Posted on 01-10-2009
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Il m’est difficile d’aborder ce sujet, fût-ce par le biais d’un fait divers. Primo, parce que je ne suis pas suicidaire, j’aime la vie. Secundo, parce que la société du flux tendu est dépressive , elle conduit (pas seulement à France Telecom…) à l’auto-dévalorisation, à l’auto- flagellation à l’auto-infantilisation et enfin à l’auto-suicide qui n’est rien d’autre qu’une forme de suicide organisé, planifié par la société. Même quand on croit être libre de choisir, le suicide est toujours la conséquence d’un pudding de frustrations sociales mal digéré.
Eh puis il y a l’aspect romantico-métaphysico niaiseux du suicide : Werther for ever !…
Venons-en à ce fait divers tragique quoique banal.
Un musicien de hard rock belge et accessoirement ingénieur du son s’est donné la mort à l’âge de 29 ans. Dietrich Hectors ne supportait plus la musique hard des acouphènes et de l’hyperacousie. Son traumatisme sonore était dû à un concert du groupe Sepultura ( prémonitoire…) en 1995. Son état auditif s’était aggravé après qu’il ait oublié ses bouchons lors d’une répétition avec son groupe. Mais, passionné par cette musique, il n’avait pu s’empêcher d’aller à un festival en 2006… On connaît la suite…
Posted by Nono | Posted in prevention | Posted on 10-07-2009
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Ne cherchez plus l’Homme de Néandertal dans les contrées reculées du Tibet, le groupe de metal Manowar, constitué de magnifiques spécimens aux faciès de prognathes neurasthéniques, s’amuse à singer l’homo sapiens sapiens. Ils peuvent s’enorgueillir de détenir le record du groupe le plus bruyant au monde grâce à 129 dB en concert. L’exploit a même été dépassé l’année dernière, lors du Magic Circle Festival, à Bad Arolsen en Allemagne, le mercredi 9 Juillet 2008: 139 dB au sonomètre de l’huissier pour une chanson intitulée « Call to Arms »…
Il est peu probable que les traumatisés auditifs aient entendu cet appel aux armes après avoir essuyé les rafales des Kalachnikov à cordes. Le Guiness des records refuse malheureusement d’homologuer cette performance pourtant préhistorique. Amateurs de « power metal » français, je vous annonce une bonne nouvelle, Manowar prépare un festival en France à l’horizon 2010. Il serait intéressant de mobiliser pour l’occasion un groupe d’ORL conséquent afin de mesurer l’impact du « power metal » sur l’audition. N’oublions pas de convier agi-son pour distribuer des bouchons d’oreilles à l’entrée du concert le plus bruyant de tous les temps…