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Témoignage d’Hydergine, concert de Pleymo

« Ah les concerts de métal à 120 décibels dans des pièces de 15 m², cigarette au bec et gobelet de bière dans chaque main de 20h à 3h du mat… l’insouciance totale!Un soir (en 2006) c’était le concert de Pleymo à « La Vapeur », club dijonnais...

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Témoignage d’espoir

Posted by Nono | Posted in prevention, santé | Posted on 08-03-2013

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Bonjour, je m’étais promis de venir témoigner dès que j’irais mieux, je me suis donc permis d’écrire ce pavé, en espérant qu’il puisse redonner espoir à certains…
Merci d’avance s’il est publié icon smile Témoignage despoir

J’ai 26 ans et je suis enseignant à l’île de la Réunion. Je suis aussi dingue de musique et je joue de la basse dans un groupe de rock depuis 1 an environ.
Voilà comment cela s’est passé pour moi. Fin avril 2012, j’ai attrapé une otite qui a été mal soignée et que j’ai gardée pendant deux mois, avec l’oreille gauche complètement bouchée. J’ai quand même continué à faire de la musique, sans protection puisque je n’avais pas le droit de mettre quoi que se soit dans mes oreilles. De même, j’ai écouté de la musique au casque à volume important, pour compenser cette «perte» d’audition.
En rentrant d’une répète, mon oreille était «cotonneuse» et est restée comme cela pendant un moment. Puis les acouphènes se sont installées, et progressivement l’hyperacousie. Je ne supportais plus certains bruits (clés, verres qui tintent et autres sons aigus). De plus, les acouphènes m’insupportaient, particulièrement le soir pour m’endormir. Je suis retourné voir plusieurs fois l’ORL qui me suivait qui était persuadé et fermement convaincu qu’il s’agissait là de l’inflammation de mon otite qui continuait de sensibiliser mes tympans, et que les acouphènes allaient s’en aller d’eux-même comme ils étaient venus. Il m’a quand même prescrit le traitement classique : cortisone et Vastarel. Aucun d’eux n’a été d’aucune efficacité, et mon état ne s’est pas amélioré, au contraire.
Après 2 ou 3 semaines à ne pas dormir plus de 2h par nuit, j’ai commencé à sombrer dans la dépression. Je me suis mis en arrêt maladie pendant près d’un mois, qui a été le pire que j’ai passé de ma vie. Je ne mangeais plus correctement, je devenais très faible, les anxiolytiques me rendaient amorphes. Je me suis complètement renfermé sur moi-même, n’osant plus sortir de chez moi car je ne supportais même plus le volume des conversation, j’avais l’impression que cela résonnait, et que mon tympan se contractait violemment. C’est devenu rapidement invivable, et les témoignages lus sur internet n’ont pas arrangé les choses. Très peu d’entre eux montraient une issue possible à ce mal. Je ne voulais plus retourner voir d’orl, je ne leur faisait plus confiance. Mon médecin traitant était aussi dépassé qu’eux, et semblait persuadé que ma détresse était purement d’ordre psychologique. J’ai eu des pensées sombres au possible, dont
je vous passe ici les détails. Ma vie semblait ruinée, je me voyais devoir arrêter mon métier d’enseignant et devenir tributaire des autres pour vivre, à mon âge ! Je ne pouvais plus envisager faire de la musique, alors que c’était une des choses qui me caractérisaient et qui me faisaient vibrer.
Au bout de quelques temps, j’ai décidé de me ressaisir. J’ai commencé avec la famille et les amis dans les endroits les moins bruyants possibles (pique-nique ou rando en forêt, plage, etc…) et toujours muni de bouchons de protection faits sur-mesure (-25db). En parallèle, j’ai essayé toutes les médecines «alternatives» possibles et imaginables (relaxation, yoga, acupuncture, ostéopathie, …) qui ne m’ont sûrement pas guéri mais m’ont permis de me détendre, de me sentir moins oppressé. J’ai finalement atteint mon objectif premier: reprendre le travail. Et ça a vraiment été le facteur accélérant de l’amélioration de mon état. J’ai recommencé à me socialiser, à discuter avec les collègues, bref, à penser à autre chose ! Bien sûr au début, j’étais fatigué, mais le fait de m’occuper l’esprit m’a permis de commencer à mieux dormir le soir, jusqu’à ce que finalement j’arrive à me passer des anxiolytiques. A ce moment
les acouphènes me dérangeaient déjà beaucoup moins.

Puis petit à petit j’ai décidé de reprendre la musique. Nous avions un petit local de répétition avec notre groupe, équipé d’une batterie électronique, cela constituait un compromis idéal pour reprendre «en douceur». Je me suis bien sûr protégé avec les bouchons à -25db. J’ai retrouvé le plaisir de la musique et celui-ci a commencé à «prendre le dessus» sur la douleur. Petit à petit je me suis remis à répéter en condition «normale» (batterie acoustique + amplis). Depuis, nous avons fait deux concerts avec mon groupe et mon audition se porte beaucoup mieux. Je n’utilise plus mes bouchons que pour les répètes et les concerts, je suis capable de conduire sans (et même d’écouter de la musique dans ma voiture !), d’aller dans des endroits relativement bruyants, bref je revis.

Tout çà pour vous dire de ne pas perdre espoir, ce n’est pas parce que la médecine n’y comprends pas grand chose que vous êtes condamnés. Et bien entendu ce n’est pas QUE psychologique, la douleur ressentit est bien réelle. Cependant la dépression est peut être encore bien pire qu’elle et c’est ce qu’il faut à mon avis traiter en priorité.

BON COURAGE A TOUS

Sébastien.

Vastarel interdit, ses génériques aussi

Posted by Nono | Posted in santé | Posted on 11-04-2011

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l’Afssaps a décidé d’interdire le Vastarel et ses génériques sur recommandation d’une commission d’autorisation de mise sur le marché.
Publiée par l’Afssaps le 31 janvier, la liste des médicaments sous surveillance comportait bien le Vastarel.
Le médicament contient de la trimétazidine, principe actif utilisé en cardiologie, ophtalmologie, ORL (pour lutter contre les acouphènes) et autorisé depuis 1978.
Les experts ont estimé que les risques étaient plus élevés que les bénéfices.

Les effets indésirables ne sont en effet pas négligeables puisqu’il s’agit de troubles neurologiques, de syndromes parkinsoniens et de chutes.
De quoi inquiéter ceux qui comme moi en ont pris quotidiennement après chaque risque de traumatisme sonore…

UFC que choisir demande le retrait de 8 médicaments

Posted by Nono | Posted in santé | Posted on 30-03-2011

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UFC-que choisir demande que 8 médicaments jugés dangereux soient retirés du marché sur la liste des 77 médicaments publiée par l’Affsaps. Les 8 médicaments incriminés sont : Actos, Arcoxia, Equanil, Hexaquine, Nexen, Valdoxan, Vastarel et Zyban.
Pour l’association de consommateurs, en plus d’être inefficaces, ces médicaments représentent un réel danger pour la santé.
UFC-que choisir demande également le déremboursement immédiat des médicaments susmentionnés.

Le buflomédil : médicament retiré du marché

Posted by Nono | Posted in santé | Posted on 31-01-2011

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L’agence du médicament a décidé de retirer le médicament buflomédil des rayons d’ici quinze jours. Le Buflomédil est un vasodilatateur, qui, au même titre que le Vastarel , faisait l’objet de soupçons de la part de la revue Prescrire.
Le buflomédil chlorhydrate est utilisé dans le traitement de l’artérite douloureuse.
Son retrait du marché serait dû aux mésusages et aux risque de surdosage.
La commission consultative de l’Agence du médicament a décidé de retirer un autre médicament dangereux : le Nizoral, un antifongique responsable d’hépatites graves.

Bouchon Pianissimo pour piano

Posted by Nono | Posted in prevention, santé | Posted on 16-12-2010

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« Déjà, je suis très contente d’avoir découvert ce site et de pouvoir lire des témoignages même si certains font un peu peur quand même !
Cela fait un an et deux mois que je vis avec un acouphène plutôt faible, disons que je ne l’entends que quand il y a du silence, et d’hyperacousie qui me dérange beaucoup plus ! Commençons par le début : j ‘ai 30 ans et je suis musicienne. J’ai commencé le piano à 10 ans, et deux ans plus tard je suis tombée amoureuse de la batterie et des percussions. J’ai joué dans des groupes rock et grinde core jusqu’à mes 18 ans sans jamais me protéger les oreilles, et aucun problème. Puis j’ai stoppé la musique pendant deux ans durant lesquels je me suis totalement consacrée à mon petit bébé qui a 11 ans aujourd’hui et aux reptiles.
Mais la musique me manquait trop alors j’ai repris d’abord la batterie, puis les groupes, les concerts mais cette fois-ci en me protégeant les oreilles sauf avec mon groupe de percus !! allez savoir pourquoi !! Puis est arrivé le premier choc. Je participais à un carnaval, je jouais de la cloche et je suivais le chars dont les enceintes étaient beaucoup trop forte. Et d’un coup, çà a fait un poke douloureux dans mon oreille droite ; j’ai de suite compris. Mais sur le coup je me suis estimée chanceuse car à part une petite baisse auditive aucune séquelles. çà devait être en 2003 ou 2004.
J’ai continué à fond les ballons en protégeant cette fois-ci tout le temps mes oreilles : les acouphènes et l’hyperacousie n’étaient pas un sujet méconnu pour moi, je connaissais les risques. En 2006 j’ai pris la décision de me consacrer à fond au piano ( classique ) et quelques mois plus tard j’ai rencontré mon chanteur actuel et le old blind mole orkestra est né. J’y joue principalement du piano. Et qu’il s’agisse du piano seul ou du groupe ( pop swing ) beaucoup plus calme que mes groupes précédents, je ne me suis pas protégée les oreilles. A force, l’inévitable est arrivé mais d’une façon bien étrange : en octobre 2009 nous sommes parti faire un concert pour les expressifs à Poitiers. Des manifs ont éclaté dans la ville et le concert a été annulé. En rentrant, j’ai ouvert la fenêtre de ma voiture pour fumer une clope, je roulais à 110 et boum, oreille droite bouchée !
Je ne me suis pas inquiétée et je me suis dit que je devais avoir une otite. Mais une semaine plus tard, oreille toujours bouchée, plus acouphène et hyperacousie !!! Direction l’orl. Je ne suis pas quelqu’un de fataliste, c’était fait alors faut vivre avec. Mon oreille s’est débouchée au bout d’une semaine de cortisone, et de vastarel que je continue à prendre de temps à autre. Mais les premiers mois ont été très dur, les bruits du jet de la douche, le bip de la caisse dans les magasins, les restos, le cinéma, le piano, etc… et le plus dérangeant : les voix des filles et des enfants. Tous ces bruits font comme une saturation dans mon oreille, et je me sature avec ma propre voix ! Très vite, j’ai acquis les prothèses pianissimo pour pouvoir continuer mon métier : la musique.
Personnellement l’acouphène ne me dérange pas trop, il ne m’a jamais empêché de dormir même si il a fallu si habituer au départ. Par ailleurs mon acouphène est un si bémol aigu ! Mais l’hyperacousie est fatigante. Vivement que mon fils mue ! icon wink Bouchon Pianissimo pour piano Je n’ai pas fait de dépression non plus.
Ce qui m’inquiète, c’est l’évolution. J’ai eu une amélioration cette été ; donc en septembre j’ai repris le travail du piano sans les pianissimos mais avec la sourdine, puis j’ai fêté mon anniv, une quinzaine de personnes avec les pianissimos, et ça s’est redégradé, à oui, plus un concert d’Adam Gyorgy où le piano était surélevé par rapport au public, le son n’était pas trop fort et j’ai voulu entendre à nouveau le son d’un piano sans sourdine ou protections dans les oreilles, mais l’utilisation massive d’octaves dans les aigus chez Liszt et Chopin ont eu raison de mes oreilles ! Donc je me suis recalmée, car moi aussi je joue Chopin et Liszt !
Je ne sais pas combien de temps je vais pouvoir continuer la scène, je me renferme pas mal entre chaque répétitions et chaque concerts pour me reposer mais si çà devait empirer, j’arrêterai et me lancerai dans l’élevage des reptiles, font pas de bruit eux ! »

L’histoire d’un ancien musicien batteur

Posted by Nono | Posted in prevention, santé | Posted on 29-08-2010

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« Courage à toi, je sais que ce n’est pas évident.

Je suis moi-même ancien musicien, ancien batteur.

En fait voilà ma petite histoire :

Je connais les symptômes depuis longtemps en fait depuis très longtemps même.
Un de mes premiers souvenirs quand j’étais petit est cette musique dans ces voitures qui passaient en bas de ma rue, les basses me faisaient bizarre et j’allais me planquer dans une pièce isolée, à l’époque j’étais tout petit.
Je me souviens de quelques détails comme les alarmes incendies, les feus d’artifices, les sirènes de véhicules de police etc, que je n’aimais jamais, je trouvais ça insupportable mais je voyais que personne ne se bouchait les oreilles, je trouvais ça étrange.
Et ces sifflements qui m’empêchaient de trouver le sommeil la nuit tellement je me concentrais dessus, je me souviens en avoir parlé à ma mère qui m’avait répondu que c’était normal.
Puis au collège j’ai souvenirs que lorsque qu’on me demandais des réponses en chuchotant pendant les interros je n’entendais pas, on me répétais plusieurs fois mais je finissais rarement par comprendre. A l’âge de 12/13 ans j’ai commencé à me rendre compte que certains bruits (moteurs de camions, pour les graves ou sifflets, la voix de ma prof de maths de l’époque, dans les aiguës) me faisait « bizarre » dans l’oreille en fait ça ne faisait pas vraiment mal mais je sentais que je ne les entendais pas normalement c’est comme si ce bruit couvrait tous les autres et il m’était difficile de situer la source du bruit. Je suis donc allé chez mon médecin qui m’a dit que cela venait certainement du mon nez (qui a toujours été bouché).
Puis environ tous les ans je retournais chez mon médecin généraliste car cela ne passait pas, la plupart du temps c’était supportable mais il y avait toujours ces bruits que je ne percevait pas normalement. Mais je pensais que ce n’était rien.
J’ai pourtant toujours voulu jouer de la batterie, quand j’étais gosse je jouais avec des fourchettes sur des boites en carton, puis j’ai commencer les cours de caisse claire à 6/7 ans, j’ai en suite appris le solfège et joué de la clarinette pendant 4 ans en conservatoire. Jusque là c’était supportable les bruits aiguës me faisait « bizarre dans les oreilles » un peu comme quand ma mère me faisait des smacks dans l’oreille quand j’étais plus petit, je détestais ça !!!!
A l’âge de 13/14 ans j’ai commencé le vélo, j’ai toujours aimé, en fait c’était un peu ma seconde passion. J’en ai fais pendant 3 ans en club puis j’ai arrêter complétement pour me concentrer sur mes études, j’avais du mal à gérer les entrainements tous les deux jours avec mes devoirs etc… C’est à ce moment que j’ai décidé de reprendre les percussions.

Quand j’ai recommencé la musique je me suis toujours protégé car à l’inverse des musiciens que je connaissais je n’ai jamais supporter la musique à pleins volume, jamais je n’aurais pu jouer de la batterie sans protections.
J’ai joué dans un premier groupe, ça a duré 1 an puis j’ai monté un autre groupe avec un guitariste que je venais de connaitre, au bout d’1 an nous avons commencé à nous produire en concerts un peu partout dans la région, pour moi c’était toujours pareil :
bouchons + casque anti-bruit mais malgré tout je sentais que mes acouphènes augmentaient, je suis donc allé voir un ORL qui m’a dit que même protégé mes oreilles morflaient à cause de la conduction des vibrations par voie oseuse. J’ai commencé à avoir peur d’aller en répère, oui je craignait que ça s’aggrave.
Tout à basculer un jour où j’allais chez mon père, il y avait la fête sur la place de la ville, quelqu’un à voulu assassiner son dealer à qui il devait de l’argent (enfin j’ai pas trop suivi l’histoire), il y a un coup de feu, j’étais à 50m environ, j’ai eu l’oreille littéralement détruite. Depuis ce moment mes acouphènes sont deux fois plus présentes, surtout à l’oreille gauche et
j’avais l’impression d’entendre bizarre, comme ça me le faisait auparavant pour les bruits très graves ou très aïgues mais là ça le faisait pour tous les bruits, je suis retouné chez mon ORL qui m’a dit que mon oreille avait du être un peu endommagé, j’ai réçu un court traitement de vasodilatateurs. L’ORL m’a dit que ça passera, qu’il faudrait attendre un peu, que j’aurais peut-être un petite perte d’audition mais rien de grave, je pourrais continuer la musique sans problème.Sauf que j’ai bien compris que ça ne serait plus le cas. Le bruits des supermarché, à la fac dans les amphis, partout, les couverts, la vaisselle, les voix, même la mienne, tout me faisait mal !
Quelques jours plus tard je recevais ma toute nouvelle batterie que j’avais pu m’offrir avec l’argent de nos concerts et en ayant économiser pas mal. La semaine d’après première répétition sur ma nouvelle batterie, toute neuve, je supportais le bruits mais quelques fois malgré les bouchons et le casque anti-bruit ça me faisait toujours cette sensation très désagréable. Après la répétition, une dose d’acouphène supplémentaire cette fois-ci dans les graves, un gros bourdonnement dans l’oreille droite.
Ce jour là j’ai compris que la musique c’était fini pour moi. J’avais 18 ans.
Et vous savez, c’est pas évident d’arrêter comme ça. Tous mes amis sont musiciens, toute ma vie tournais autour de la musique.
J’ai toujours rêver d’être batteur, depuis tout gamin. Dans ma famille beaucoup sont musiciens ma mère et ma grande sœur chantent dans une chorale, même dans ma belle famille, beaucoup de musiciens.
J’ai vu toute ma vie effondrer devant moi, le groupe que j’avais monté, mes années de conservatoire, tous mes projets anéantis. Je suis resté toute un après-midi à pleurer devant ma batterie lorsque je suis parti la retirer de notre salle de répétition. Mais je savais qu’il fallait que j’arrête de toute façon je n’avais pas le choix, ma vie étais déjà un enfer (et elle
l’est toujours) alors si je voulais continué à supporter je devais arrêter la musique.
J’étais perdu, tout à si brusquement changer, dans mes rêves (ou plutôt mes cauchemars), lorsque j’arrivais à dormir, je me voyais faire des concerts, de nouvelles compos, ressentir la musique comme avant (rien que de l’écrire j’en ai les larmes aux yeux). C’était honnêtement la pire période de me vie, et de loin. Heureusement que ma copine était là (et heureusement qu’elle est toujours là) sinon je ne serais sûrement plus là aujourd’hui. Plutôt que de m’acheter une nouvelle double-pédale j’ai fais faire des bouchons moulé avec filtres de -9dB, -15dB, -25dB et -29dB, pour pouvoir continuer à aller à la fac. Les repas de famille, les fêtes, les mariages c’était fini, je ne pouvais plus y aller. La plupart du temps de restais enfermé dans ma chambre mais j’ai vite réaliser que rester enfermé à broyer du noir ce n’était pas la bonne solution. Alors j’ai décidé de ne pas me laisser anéantir, j’avais besoin de réfléchir à ce qu’allait devenir ma vie maintenant.

Je suis parti, seul avec moi-même marcher, marcher sur le Chemin de Compostelle, me laissant une semaine pour tout préparer. Un mois seulement mais un mois dans le calme à marcher huit heures par jour avec un sac de 10 Kg, laver ses vêtements avec son savon
dans les refuges. Je n’ai jamais été croyant, enfin pas en un Dieu mais je crois en la Nature. Et elle m’a été bénéfique.Quand on marche 600 Km tout seul, à se nourrir de ce qu’on peu acheter avec le peu d’argent embarqué, marcher de 6h à 15h sans savoir où l’on va dormir le soir ni si on pourra se doucher à l’eau tiède ou faire sécher ses vêtements ; on se rend compte que tout le reste, finalement, ce n’est que du superflus.
Je suis arrivé les pieds endoloris, pleins d’ampoules mais la tête haute, j’étais fier de moi.
En revenant dans le train et surtout dans le métro les bruits sont redevenu insupportables, même avec les bouchons c’était crisant, j’étais mieux à marcher sur les petites routes de campagnes…

Je ne peux pas dire que j’ai changé radicalement de mode de vie j’ai toujours mangé sainement, luttant pour le végétarisme et l’équilibre alimentaire.
J’ai revendu ma batterie encore neuve pour me racheter un vélo. Celui qui me restais du temps ou j’en faisais en club était devenu trop petit pour moi.
Toujours en portant mes bouchons j’ai recommencé le vélo (rassurez-vous j’entends quand même les voitures, moins qu’avant (et heureusement, je ne le supporterais plus) mais je roule en toute sécurité). J’en fais toujours, je recherche les endroits calmes, la campagne.

Je suis resté ami avec les membres de mon ancien groupe mais j’avoue que lorsqu’il parlent un peu de musique j’ai la larme à l’œil, je n’aime pas parler de ça pourtant c’était ma passion.
Mes autres amis et bien je ne leur parlent plus puisque je ne parle plus musique avec eux on a plus grand chose en commun. Ma mère me comprend un peu car elle était gymnaste de haut niveau et suite à une triple fracture de la cheville elle a été contrainte d’arrêter, depuis elle jamais pu recourir et donc bien entendu fini le sport, c’était sa passion, elle était professeur de sport. Elle s’est réfugiée dans la musique en intégrant une chorale. Moi et bien j’ai fais un peu le contraire, tous deux forcés par le destin.
Mon père s’en fiche, comme il s’est toujours fichu de ses enfants mais ça c’est un autre sujet.
Et ma copine me supporte comme je suis, avec mon handicap. Je sais que je l’empêche de faire pas mal de chose, en tout cas avec moi, on ne va plus au cinéma ni à la patinoire mais elle sait que ce n’est pas vraiment de ma faute.

J’ai toujours fait attention à mes oreilles, en tant que musiciens c’était mon principal outils de travail et pourtant contrairement à la plupart de ceux que je connais et qui ne se protègent jamais je me retrouve avec cette hyperacousie qui a détruit m’a vie et qui continu à me rendre la vie impossible chaque jour. Et heureusement je me suis arrêté à tant car sinon je
n’aurais pu reprendre les quelques activités calmes que j’ai aujourd’hui et j’aurais continué à déprimer enfermé chez moi. »

20 décibels de trop

Posted by Nono | Posted in prevention | Posted on 21-03-2009

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Témoignage de Gab, traumatisé sonore dans des boîtes de nuit et des soirées d’anniversaire de la région rennaise.
« 20 ans. Ce pouvait être le bel âge. Ça aurait pu être mon plus bel anniversaire. Être assez vieux pour faire « ce que l’on veut » hors de ce terrible contrôle parental, bien que l’on ne puisse survivre sans eux plus de 3 jours, ne serait-ce que financièrement… Le A s’en allait, je pouvais enfin rouler après 3 bières, sans craindre de perdre mon permis à 0,50001 g d’alcool par litre de sang. Lorsque l’on découvre l’hyperacousie, on ressentirait presque des envies nauséabondes de meurtre, à la tronçonneuse par exemple, histoire de finir en apothéose : les autres et ses oreilles en harmonie parfaite, enfin, dans la douleur et la souffrance.
Un tel cadeau d’anniversaire, je n’aurais pu l’imaginer, même dans mes pires cauchemars. Ma ligne de vie semblait pourtant parfaite, je n’avais peut-être pas voulu voir cette fissure, non loin du début… Le pire, ce sont les regrets. Regretter d’y être allé, de ne pas s’être protégé, je comprends peut-être (un peu) les séropositifs : je connaissais le mal, je le percevais, et pourtant, je ne l’ai pas mise cette putain de capote en mousse jaune. J’en ai honte, mais ce fut la pauvre métaphore que m’a fait l’ORL que je viens de reprendre ici, ce fameux prescripteur de vastarel et de cortisone inutiles. Jeune et con, à ce croire trop beau, trop bien, on se croit plus puissant qu’on ne l’est, je l’avoue, et je suis la première victime de ma propre supercherie.
Mais comment sortir de tous ces sons ? C’est à se demander si ma conscience pourra arrêter cet amoncellement de bruits. De toute façon, elle finira bien par devoir trier, je doute que je puisse percevoir en permanence je ne sais combien de bruits, sans en mettre de côté une partie. Mes acouphènes ne sont pas forts, mais nombreux. Mon problème à moi est là. Je pense que j’en suis à environ une dizaine depuis mes deux semaines d’hyperacousie, mais effectivement, je ne peux en entendre en même temps que 3 ou 4. Mémoire tampon ? Tout cela ne paraît pas véritablement définir ce balai de sons lointains venant et disparaissant les uns après les autres, ce défilé de mode acouphénique allant au gré de mes activités quotidiennes : la sirène du bruit, le shhhh de la douche, le vrouuuu de l’ordinateur, la sonnerie du portable de ma mère, l’air de Day’N Nite ; chacun m’en laisse un peu, pour quelques minutes ou quelques heures, jusqu’à ce que le suivant le remplace. Complètement flippant au début, je commence à comprendre mon fonctionnement personnel, ce qui est déjà une bonne chose. Trouver des marques dans cet environnement nouveau, hostile et unique, c’est le début du combat.
Je ne désespère plus. Du moins, j’essaye. Je n’ai pas le droit de ne pas y croire au bout de deux semaines, quand certains y croient encore au bout de plusieurs années. Je ne sais si la certaine « amélioration » que je crois percevoir n’est que le fruit du magique lexomil ou si elle laisse présager un futur, bien que lointain, un peu moins sombre. Mais après le désespoir, je me laisse envahir par cet espoir, peut-être un peu fou et naïf, digne d’un débutant comme moi, qui tente de se raccrocher aux branches, espérant qu’on ne les scie pas trop vite….à la tronçonneuse. Je rêve encore d’un matin sans le ventre noué, d’un petit dej sans peur de la télé, d’un film avec le générique, d’une fille qui jouit, d’un verre d’alcool entre amis sans conséquences, et enfin, et surtout, d’un morceau d’électro planant à souhait, qui vous transporte si loin de tout…. Tout cela me paraît tellement près, il y a deux semaines, mais aussi tellement loin…
Encore trop de questions, de peurs, d’angoisses s’amoncellent pour que je puisse voir les choses en face. »

Gab.

A boire et à manger

Posted by Nono | Posted in prevention | Posted on 25-02-2009

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Éric est un cordon bleu, un bec fin qui nous fait agréablement partager ses recettes grâce à des photos et des textes soignés sur son blog « A boire et à manger« . Mais, depuis le réveillon, un hôte indésirable s’est invité au menu…
témoignage :

« Je me rappellerai longtemps du 30 décembre dernier. En fin d’après-midi, je me suis rendu compte que j’avais un léger sifflement dans l’oreille droite qui ne s’arrêtait pas. J’avais déjà eu des acouphènes sporadiquement (genre quelques minutes), mais là, ça avait l’air persistant. Le lendemain, il fallait que je me fasse une raison : il était encore là! J’ai évidemment songé à appeler mon médecin traitant. Injoignable. Deux autres amis médecins. Idem. Il ne faut pas avoir de problèmes le 31 décembre…

J’ai finalement pu voir un médecin la semaine suivante. Qui a détecté une otite dans l’oreille droite. Ce ne serait que ça? J’ai donc eu un traitement antibiotique local. Qui m’a soigné l’otite. Mais pas l’acouphène, toujours bien là. Le médecin a avoué son incompétence et m’a dirigé vers un ORL. Rendez-vous 15 jours plus tard. Il m’a tout de même prescrit un médicament – le Vastarel – qui me semble briller par son inefficacité (dans mon cas, peut-être qu’il est bien pour d’autres…).

Finalement, je vois l’ORL (le jour de la fameuse tempête où j’ai explosé mon parapluie). Qui constate que j’ai un problème de déficience auditive – ce que je savais déjà. Pour l’acouphène, il ne peut rien faire. Fin de l’histoire.

Il suffit de se ballader un peu sur la toile pour s’apercevoir qu’il y a des millions de personnes qui souffrent du même problème que moi, avec toujours ce constat d’impuissance de la médecine traditionnelle. Il existe apparemment des solutions alternatives, mais l’on sent vraiment que la détresse humaine est exploitée en en tirant autant d’argent que possible (et évidemment pas remboursé par la sécu).

Pour l’instant, c’est relativement supportable, même si le phénomène s’est étendu à l’oreille gauche (un sifflement beaucoup plus grave). J’espère ne pas en arriver comme certains à prendre des anti-dépresseurs ou autres cochonneries du genre – style Rivotril – qui ne résolvent rien mais en plus vous abrutissent totalement.

Le mieux est que je trouve toujours une occupation: dans la majeure partie des cas, j’arrrive à ne plus y penser. Le soir, pour m’endormir, je mets un CD qui émet des bruits blancs (on dirait les crachottis d’une radio GO entre deux stations). C’est très monotone et couvre complètement mes sifflements. Ca marche plutôt bien.

J’espère trouver une solution un jour. En attendant, je commence à me faire l’idée de vivre avec le reste de ma vie…

Je voudrais tout de même conseiller aux mères de famille d’enquiquiner leur fils afin qu’ils limitent l’utilisation de casques pour écouter la musique. De leur faire mettre des « bouchons d’oreille » lorsqu’ils vont en discothèque ou en concert (et qu’ils évitent de se mettre près des baffles…). Je reconnais n’avoir pris aucune de ces précautions et j’en paie le prix maintenant. Je crois avoir lu qu’un jeune sur quatre avait des problèmes auditifs. Je crains que ce ne soit que le début… « 

Malocclusion et acouphenes

Posted by Nono | Posted in prevention, santé | Posted on 27-12-2008

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« témoignage de Christian

Histoire et guérison de mes acouphènes

Envoi de Christian le 13 Janvier 2003

Bonjour à tous,

je poste ici un message un peu long mais qui j’en suis sûr intéressera beaucoup d’entre vous. Il s’agit de mon expérience personnelle concernant les acouphènes (je ne suis pas médecin) et de mon interprétation du symptôme.

1) Historique

1990 :Après une énième nuit passée à la discothèque la Locomotive à Paris, j’ai les oreilles qui bourdonnent toute la journée du lendemain. Le bourdonnement disparaît mais cette fois j’ai eu vraiment peur. Je me jure de ne plus jamais retourner en boîte.

Janvier 1995 : Quatre jours après une soirée de nouvel an durant laquelle une amie m’a fait mal en me hurlant dans l’oreille , je perçois au réveil un léger sifflement dans mon oreille gauche, semblable à celui d’un écran cathodique. Comme ce sifflement n’est perceptible que la nuit, je ne m’en inquiète pas outre mesure. Pendant quatre ou cinq ans je perçois ce sifflement de temps en temps, mais je n’y accorde pas une grande importance. Néanmoins depuis cet épisode les rares fois où je vais en boîte je mets des morceaux de mouchoirs en papier dans mes oreilles.

La dernière fois que je me souviens avoir noté le sifflement c’est en décembre 1998. J’ai cherché sur Internet et suis tombé sur le tinnitus FAQ. Comme il semble qu’il n’y ait rien à faire j’oublie la question. Ensuite pendant cinq ans mon acouphène a totalement disparu.

Août 2001 : Suite à une période de stress intense, je me réveille un matin en entendant à nouveau le sifflement. Au cours des mois suivants il a tendance à augmenter jusqu’à être assez fort par périodes, au point de l’entendre parfois dans la rue. Néanmoins cela ne me gêne pas vraiment parce que les périodes pendant lesquelles il est fort ne durent pas. En janvier 2002 le problème disparaît à nouveau subitement en quelques jours.

Février 2002 : je vais à une soirée étudiante, toujours avec des morceaux de mouchoirs en papier dans les oreilles. Le lendemain de cette soirée, catastrophe: le sifflement est très présent maintenant et surtout, je m’en suis rendu compte dans les semaines qui ont suivi, mon oreille est sensible à certains bruits: la circulation automobile, les ventilateurs, les télévisions me sont désagréables et relancent mon acouphène alors qu’auparavant il était insensible aux bruits extérieurs

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Je ne suis pas allé aux urgences suite à cette soirée parce que je me suis dit qu’il n’y avait pas de véritable traumatisme sonore: j’avais fait attention à éviter les endroits trop bruyants et en sortant de la soirée je n’avais aucune sensation de surdité. Et puis l’acouphène avait déjà été à ce niveau-là auparavant, sans raison visible. Les audiogrammes font apparaître une baisse des deux côtés d’environ 20 à 30 dB dans les fréquences aigues (6000 et 8000 Hz), mais probablement pas liée à cette soirée en particulier.

Pendant plusieurs mois j’ai alors vécu avec un acouphène fort la plupart du temps, c’est-à-dire que je l’entendais au-dessus de la circulation dans les rues à Paris. Ce sifflement me perturbait énormément dans mon travail et dans ma vie de tous les jours, mais étrangement pas vraiment pour dormir. Le problème semblait plutôt s’aggraver avec le temps, même si ma sensibilité aux bruits a régressé en six mois environ. J’ai bien sûr essayé tous les traitements médicamenteux sans résultats: Sermion, Vastarel 35, Nootropyl, le Rivotril ne donnait pas vraiment grand-chose, tous les compléments alimentaires et vitamines que j’ai pu avaler ne m’ont certainement fait aucun mal mais n’ont rien amélioré.

J’ai vécu ainsi avec ce sifflement insupportable pendant un an, dans la situation que les habitués du forum connaissent bien. L’acupuncture, l’ostéopathie ne donnaient pas vraiment de résultats. Il y avait néanmoins régulièrement des jours (un ou deux par semaine) où le sifflement était faible, souvent après une nuit de bon sommeil. Mon acouphène était également amplifié lorsque je baillais en grand ou que je tournais la tête à droite au maximum. D’autre part j’avais remarqué cet été qu’il pouvait être très intense le matin et disparaître brusquement (ie devenir audible dans le silence uniquement) après deux heures de windsurf intense. Je souffre d’autre part de douleurs dans les cervicales et de craquements dans les mâchoires (mais rien de gênant comparé à l’enfer de l’acouphène).

Décembre 2002 : le dentiste qui me suit depuis plusieurs années pour des problèmes d’occlusion dentaire me remplace la dernière couronne métallique que je porte en bouche par une couronne en résine et effectue les derniers meulages correctifs. En quelques jours, l’acouphène disparaît presque complètement, je ne l’entends plus que la nuit, il ne me gêne plus, une rigolade comparé au cauchemar éveillé que j’ai connu, je suis guéri.

2) Que s’est-il passé?

Les dents ne sont pas que de simples morceaux d’émail destinés à broyer les aliments. La manière dont les dents se placent les unes par rapport aux autres (l’occlusion dentaire) joue un rôle adaptatif essentiel lié au squelette et à la posture. Les dents s’ajustent de deux façons:

a) Elles se déplacent les unes par rapport aux autres.
b) Elles s’usent au contact les unes des autres.

Ces adaptations sont imperceptibles à l’oeil nu mais continuelles (la posture change en permanence avec l’âge comme on le voit chez les vieillards) et essentielles à l’équilibre de la mâchoire et par là de l’ensemble du squelette. Les capacités d’adaptation de l’occlusion sont diminuées par de nombreux facteurs, naturels ou artificiels, dont:

- les malocclusions « naturelles », dents qui poussent de travers, qui se chevauchent;
- les traitements d’orthodontie purement esthétiques (destinés à avoir un joli sourire) et non fonctionnels (destinés à ce que l’organe fonctionne bien), comme ils étaient pratiqués il y a quelques années et le sont encore souvent;
- les pièces prothétiques en bouche (couronnes, bridges, etc), mais également les amalgames.

Lorsque l’occlusion n’arrive plus à s’adapter, c’est la mâchoire et le corps entier qui doivent d’adapter, d’où des tensions de toutes sortes, des douleurs diffuses n’importe où dans le corps et en particulier migraines, douleurs cervicales, torticolis, des spasmes musculaires (muscles contractés en permanence) d’où problèmes digestifs, urinaires, fatigue chronique etc, etc, et bien sûr acouphènes.

Pour prendre un exemple trivial mais parlant, regardons l’adaptation d’une chaussure au pied. On sait qu’une chaussure neuve peut faire mal au début mais rapidement elle s’adapte au pied et devient très confortable. Imaginons maintenant un caillou dans la chaussure: comme le caillou ne va pas s’adapter, c’est le corps qui doit compenser. Si vous essayer de marcher avec un caillou dans votre chaussure, instinctivement vous allez éviter de marcher dessus.
Vous allez adopter une démarche particulière pour éviter de vous blesser. Bien sûr si vous essayez de marcher des mois ou des années avec ce caillou dans votre chaussure, votre cheville va souffrir, ainsi que votre genou, vos hanches, etc.
Au bout d’un certain temps, sans raison apparente, ou peut-être lors d’un mouvement brusque, ou d’une chute, vous allez soudain ressentir des douleurs insupportables dans le genou par exemple, sans que rien ne paraisse anormal dans l’organe lui-même: vous souffrez d’une pathologie « fonctionnelle » (liée au fonctionnement du corps) et non « organique » (liée à la lésion d’un organe). Un spécialiste du genou sera incapable de vous dire ce qui ne va pas et bien sûr incapable de vous soulager.

Vous voyez à quoi je veux en venir: changez chaussure par dentition, caillou par réparation ou pièce prothétique ou malocclusion, démarche par occlusion, cheville par articulation de la mâchoire, genou par oreille interne, chute par son un peu fort, spécialiste du genou par ORL et vous avez probablement le tableau clinique de beaucoup des habitués du forum. La malocclusion dentaire finit à la longue par faire souffrir l’oreille, qui devient plus fragile aux traumatismes sonores et autres lésions et récupère moins bien, et amplifie des acouphènes qui sans cela seraient faibles ou inexistants.

Il faut savoir que les problèmes de malocclusion sont très fréquents et très mals compris du corps médical en général et malheureusement également des dentistes et même orthodontistes, et totalement ignorés du grand public (vous et moi avant que je ne sois obligé de m’y intéresser). La raison en est certainement d’une part qu’ils passent très longtemps inaperçus (le corps compense bien, il peut s’écouler des années avant qu’un symptôme vraiment douloureux n’apparaisse) et d’autre part qu’un problème fonctionnel est beaucoup moins facile à observer, à appréhender, à comprendre, à traiter qu’un problème organique (une carie par exemple se voit et se soigne facilement).

Vos acouphènes et plus généralement vos problèmes d’oreille sont certainement dûs ou aggravés par un problème de malocclusion si vous présentez des symptômes parmi les suivants:

- articulations des mâchoires qui craquent ou qui font mal, même légèrement;
- migraines, maux de tête, douleurs dans le visage;
- douleurs cervicales de type torticolis, spasmes (muscles durs, contractés) dans le cou, la nuque, les épaules;
- acouphènes qui changent avec la position de la mâchoire (bailler, serrer les dents), de la tête et du cou, qui changent pendant le sommeil ou avec le stress.

3) Traitement

Le traitement de la malocclusion (ou SADAM, « syndrome algo-dysfonctionnel de l’appareil manducateur », en français « mauvais fonctionnement et douleurs de la mâchoire ») passe en général tout d’abord par le port d’une « gouttière d’occlusion », sorte de moulage en plastique dur que l’on porte sur les dents comme un appareil d’orthodontie.
Pour en revenir à l’exemple précédent, les gouttières sont comme des semelles en plastique que l’on place dans la chaussure. Les gouttières sont adaptées peu à peu pour aider la mâchoire à retrouver une position normale. Une fois cette position obtenue, toutes les techniques dentaires peuvent être utilisées pour retrouver une occlusion saine (dans notre exemple pour retirer les cailloux): meulages sélectifs des dents, remplacement des pièces prothétiques dures (métaux et céramiques) par des pièces plus souples (résine), éventuellement orthodontie, etc.

Les symptomes et le déroulement du traitement sont très bien décrits sur le site de la société SERET:
http://www.fraternet.org/seret/

Autres sites intéressants, mais il y en a beaucoup d’autres:
http://www.orthoposturodontie.com
http://www.eurocclusion.com/revisionduscientifique.html

4) Par où commencer ?

Si vous souffrez d’un acouphène, la première chose à faire est bien sûr d’effectuer chez un ORL les tests nécessaires concernant l’oreille elle-même (inspection, audiogramme, PEA, éventuellement IRM, etc). Notez également (cf site SERET) qu’un SADAM peut provenir de modifications posturales liées à un traumatisme (accident de la route, cf par exemple http://users.swing.be/belgique.acouphènes/articles/article13.htm) sans malocclusion dentaire. L’ostéopathie est alors indiquée.

Si maintenant vous soupçonnez une problème d’occlusion, la première chose à faire est de trouver un dentiste qui s’y connaît vraiment bien en occlusodontie, et avec qui vous vous sentez en confiance. La société française d’occlusodontie peut certainement vous indiquer des praticiens: http://www.abcdent.fr/annonceurs/scientifique/366 Vous pouvez également écrire aux auteurs des différents sites Internet sur le sujet.

Sachez que le traitement de l’occlusion est un processus long et délicat. (cf la page SERET http://www.fraternet.org/seret/hanson.htm). Il ne s’agit certainement pas de porter une gouttière pendant quelques semaines la nuit et de la jeter, comme je l’ai lu sur le forum. Il faut compter une visite chez le dentiste toutes les deux semaines pendant plusieurs mois, en alternance avec de l’ostéopathie et/ou de le kinésithérapie (cf par exemple la méthode Danis Bois).

Fuyez les dentistes chers et mal remboursés (il y en a de très bons bien remboursés), ceux qui veulent attaquer directement à la roulette ou qui vous proposent d’emblée des traitements lourds (type déposer toutes les couronnes, ou orthodontie), et surtout fuyez comme la peste ceux qui vous parlent de vous extraire des dents, ce qui amène des complications inimaginables, en particulier d’occlusion mais pas seulement (pensez à vous faire arracher une dent comme vous vous feriez amputer un doigt). Un bon dentiste évolue dans votre dentition comme dans des sables mouvants: longue et minutieuse observation avant et après chaque intervention.

Une gouttière d’occlusion est réalisée par un prothésiste et de ce fait est chère, de l’ordre de 4000F. Vous pouvez pour commencer suggérer à votre dentiste de vous réaliser une « gouttière souple », sorte de film plastique souple d’un demi-millimètre d’épaisseur que vous porterez jour et nuit (sauf pour manger bien sûr). Vous verrez très vite si vous obtenez une modification des symptômes, signe qu’il y a là un problème. C’est facile (votre dentiste le fait lui-même dans la semaine), pas cher (300 F?) et sans aucun risque.

5) Conclusion

Voilà mon expérience, à verser au dossier « guérisons » (rubrique qui manque sur ce site à mon avis). Ma conclusion personnelle est que l’oreille comme tout organe est capable de retrouver son équilibre et sa santé si elle est placée dans des conditions dites « physiologiques », c’est-à-dire qu’elle ne souffre plus. Il n’y a pas de maladies sans causes, et les causes peuvent être corrigées.

J’espère lire d’ici quelques temps d’autres messages dans ce sens!

Bon courage à tous,
Christian


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Ma guérison bis

Envoi de Christian le 19 Octobre 2004

Bonjour à tous,

j’ai posté il y a assez longtemps de cela un message de guérison sur ce forum.

Bon, j’ai probablement été trop enthousiaste et ai crié victoire un peu tôt. Il m’a fallu encore plus d’un an et demi de traitement pour en arriver à une situation où l’acouphène est vraiment beaucoup plus supportable, voire souvent inaudible. Néanmoins je reposte aujourd’hui pour répéter et confirmer ce que j’ai dit.

Maintenant je n’entends mon ac (unilatérale gauche, sifflement type télé, déclenché par traumatisme sonore de février 2002, niveau 4 à 6 deux jours sur trois au début, c’est-à-dire insupportable) souvent que le matin, il disparaît la plupart du temps avec la première douche chaude (décontraction des muscles des épaules et de la nuque). Les jours où il persiste c’est supportable, çà n’est plus le sifflement strident que c’était il y a encore un an. C’est chiant quand même mais le traitement continue et progresse. Hier et aujourd’hui je n’entends pratiquement plus rien même devant les ventilos de mon ordinateur (du jamais vu).

En tout cas ma conclusion reste la même: l’acouphène est pratiquement toujours dû en tout ou partie aux problèmes de malocclusion dentaire. Ces problèmes mettent des années voire des décennies à s’installer. Dans mon cas:
1. Pendant la petite enfance croissance anormale des molaires (« articulé inversé », c’est-à-dire que les molaires du bas sont à l’extérieur au lieu d’être à l’intérieur quand les dents sont serrées) du fait d’un étalement linguale (la langue reste en bas au lieu de se placer contre le palais lors de la déglutition). C’est un signe de problème affectifs (on conserve une déglutition infantile) et c’est très courant dans nos sociétés (alimentation molle, pas besoin de beaucoup mâcher).
2. Travail d’orthodontie mal fait à 12 ans, qui ne corrige pas le problème mais l’aggrave plutôt. Extraction de 2 prémolaires supérieures. Les extractions dentaires sont catastrophiques pour l’occlusion.
3. Couronnes en céramiques (beaucoup trop dures) posées n’importe comment par un dentiste de merde à 25 ans.
4. Là-dessus après une grosse période de stress à 30 ans, la moindre soirée bruyante blesse l’oreille interne qui subit une souffrance muette depuis je ne sais combien d’années. La goutte qui fait déborder le vase.

Quand on rééquilibre l’occlusion, les tensions musculaires dans la nuque, les épaules et le dos se résolvent, les tissus autour des articulations de la mâchoire sont moins stressés et même si l’oreille est un peu affectée, elle ne siffle plus de manière stridente et insupportable. Tout organe placé dans une situation saine (« physiologique ») finit par guérir. Heureusement sinon çà fait longtemps qu’il n’y aurait plus personne sur Terre.

Néanmoins les traitements d’occlusodontie sont extrêmement lents. On ne rééquilibre pas en six mois un système qui a mis vingt ans à s’installer dans un fonctionnement pathologique. Il ne s’agit pas de mouler une gouttière et de dire basta c’est réglé. Le traitement consiste à lever l’une après l’autre les tensions dans la mâchoire en laissant le corps se réadapter entre chaque intervention, à raison d’un rdv toutes les 3 semaines en moyenne, pendant…le temps qu’il faut.
Pour moi c’est des années, je m’en fous mon dentiste est sympa, patient, compétent, pas cher, bien remboursé, pas loin de chez moi Pour d’autres ce sera peut-être moins. Dans tous les cas il y a bel et bien une évolution positive du système, c’est toute la posture qui se remet en place, en quelque sorte les blocages se libèrent, et çà fait tout de suite du bien.

Si vous croyez ne pas avoir de problèmes d’occlusion j’aurais tendance à dire çà m’étonnerait. Les problèmes d’occlusion sont dans nos sociétés au moins aussi fréquents que les caries, sauf qu’ils ne se voient pas à l’oeil nu. C’est plutôt les occlusions saines qui sont exceptionnelles. En tout cas si vous avez un des symtômes suivants c’est sûr que c’est votre cas:

- Des pièces prothétiques en bouche (couronnes, bridges, etc), surtout si elles sont en céramique ou en métal dur (nickel-chrome), mais même en alliage d’or trop dur. Même si elles étaient parfaitement adaptées lorsqu’elles ont été réalisées, votre corps et votre posture ont évolué, les dents naturelles se sont adaptées (usées) tandis que les pièces prothétiques n’ont pas bougé d’un poil.
- Des tensions dans les muscles du cou, de la nuque, du dos, des migraines.
- Des bruits, des ressauts, des déviations à l’ouverture de la mâchoire.
- Des douleurs dans le visage ou dans les articulations de la mâchoire.

Je suis persuadé que ce que dit la médecine holistique est vrai: le corps est une merveilleuse machine qui s’autorépare. Même un traumatisme sonore grave finit par se réparer avec le temps si l’oreille ne souffre plus (plusieurs témoignages en ce sens sur ce forum). Il reste éventuellement un baisse d’audition mais l’acouphène disparaît au bout de quelques mois. Si une souffrance intense persiste des années, c’est le signe que quelque chose perturbe profondément et constamment le corps, et les problèmes de malocclusion rentrent bien dans cette catégorie.

Il y a énormément de sites très bien faits sur la malocclusion, en particulier en France (au moins un domaine où on est en avance). Cherchez « malocclusion » ou « syndrome de Costen » sur Google, lisez, et essayez de trouver un bon dentiste spécialisé (le dentiste moyen n’y connaît rien), pas loin de chez vous (prévoir un traitement sur la durée si traitement il y a), et pas cher. Méfiez-vous de certains dentistes qui n’hésitent pas à vous proposer tout de go un traitement d’orthodontie, voire des extractions (quelle horreur!! Extractions dentaires = prohibées quelle que soit la raison, à moins d’avoir une dent vraiment totalement pourrie). Si votre dentiste ne vous observe pas au moins quelques semaines avant d’entreprendre quoi que ce soit, et s’il ne discute pas avec vous pour vous expliquer ce qu’il pense voir, essayez peut-être ailleurs.

Voilà voilà, je pourrais en rajouter des tartines sur le sujet. En particulier allez voir un site de migraineux et vous verrez qu’ils se plaignent exactement comme certains acouphéniques: maladie apparue subitement « sans raison » (çà n’existe pas les maladies sans raison), souffrance insupportable, traitement médicamenteux inefficaces (d’ailleurs les mêmes vasodilatateurs bidons que pour les acouphènes). 80% des migraines chroniques sont probablement dues à une malocclusion. Comme je l’ai dit il y a plein de bons sites web en français sur le sujet, et vous pouvez envoyer des emails aux dentistes qui font ces sites, en général ils sont sympas et ils répondent. Bon courage et bonne chance à tous! »

22/10/2004

source : sos audition.com

Temoignage d’Antoine

Posted by Nono | Posted in prevention | Posted on 23-11-2008

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je m’appelle Antoine et je viens d’avoir 23 ans. Je suis en troisième année de droit à Montpellier mais j’ai d’énormes difficulté à suivre les cours car j’ai subi un traumatisme sonore il y a un an.
J’ai toujours aimé les concerts, le rock indépendant était une véritable passion. Je traînais souvent au Rockstore , mais un soir de l’année dernière, un groupe de garage s’est mis à jouer très fort; il y a eu plusieurs larsens atroces au point que tout le monde s’est bouché les oreilles instinctivement. Beaucoup avaient des bouchons même-moi, mais il mettaient la musique en permanence même entre les morceaux. En sortant mes oreilles se sont mises à siffler, je n’ai pas fait attention car ça arrive souvent avec ce genre de groupe… Un copain, comme moi, s’est plaint de maux de têtes assez forts et de légers acouphènes. Les jours passent mais les acouphènes ne passent pas… mes oreilles commencent à se boucher et je ressens de vives douleurs à l’oreille gauche. Ni une ni deux, je consulte un ORL de Montpellier qui me prescrit du Solupred 20 mg, une posologie de 3 comprimés par jour pendant une semaine ainsi que du Vastarel 35 mg à raison de 2 comprimés par jour. Au bout de 15 jours, je ne tiens plus ! mes oreilles sifflent toujours, je souffre d’insomnie et je sens bien que la dépression est en train de me tomber dessus. Le moral à zéro, je retourne chez l’ORL qui me prescrit cette fois-ci du Rivotril (20 gouttes le soir) et Seroplex 10 mg pour m’aider à faire face. Les effets secondaires l’emporte sur les effets bénéfiques pour moi qui ne suis pas habitué aux médicaments… J’ai des nausées, des maux de têtes, des douleurs abdominales en plus de mes acouphènes et des douleurs à l’oreille gauche. Je décide d’arrêter le traitement au Seroplex en accord avec l’ORL qui me propose Cymbalta. Je retrouve l’appétit et un peu d »énergie pour continuer à suivre les cours à la Fac, mais en quelques mois je prends beaucoup de poids… Il me reste le plus dur : terminer ma deuxième année avec des acouphènes permanents et douloureux et mon oreille gauche est toujours bouchée. J’y arrive non sans mal. Les oraux ont été un véritable supplice. Cette année je peux difficilement aller en cours car le bruit des amphis me rend dingue. En plus avec des bouchons, je ne passe pas inaperçu et comment prendre des notes dans ses conditions ? Enfin, j’ai décidé de consulter un ORL réputé à Lyon. J’espère qu’il m’aidera à voir le bout du tunnel car ma vie sociale est vraiment limitée en ce moment. J’ai essayé mille remèdes sans aucune efficacité…


Antoine.